POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Brexit

Tusk recadre Johnson sur la frontière irlandaise



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Boris Johnson, le 24 juillet dernier, à Londres. (Photo: Shutterstock)

Le gouvernement britannique pourrait mettre fin à la libre circulation des personnes en cas de Brexit sans accord au 31 octobre prochain. Boris Johnson tente d’ici là de rediscuter de la délicate question de la frontière irlandaise. L’UE a déjà calmé ses ardeurs.

Une date semble au moins faire l’unanimité. Dans ses récentes interventions, le nouveau Premier ministre britannique  promet à ses concitoyens de sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne au 31 octobre prochain , soit la date convenue en avril dernier avec les responsables européens.

Le «backstop» n’est pas une option pour Johnson

Boris Johnson joue, plus que jamais, sur plusieurs tableaux. Lundi, il a enjoint à l’Allemagne et à la France d’ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit. Dans le même temps, il a écrit au président du Conseil européen sortant, Donald Tusk, pour lui faire part de sa détermination à trouver une solution.

Tout en rappelant que le «backstop», ce filet de sécurité pensé par l’UE pour éviter une frontière «dure» avec l’Irlande, maintiendrait le Royaume-Uni dans l’Union douanière de l’UE le temps de la période de transition nécessaire pour définir les futures relations bilatérales entre Bruxelles et Londres.

Mais le «backstop» ne pourrait faire partie d’un accord de sortie, rétorque Johnson alors que les responsables européens, dont récemment le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker , ont toujours martelé que l’accord de sortie ne serait pas renégocié .

Mise à jour le 20 août à 14:41:

Mardi après-midi, le président du Conseil européen a sèchement répondu que ceux qui ne supportaient pas l’idée d’un «backstop» et ne proposaient pas d’alternative plaidaient en réalité pour le rétablissement d’une frontière.

La fin de la libre circulation des personnes

Sur un autre front, le gouvernement britannique, par l’intermédiaire d’une porte-parole, a indiqué lundi envisager de mettre «immédiatement» fin à la libre circulation des personnes sur son territoire en cas de sortie en mode «no deal».

Un changement de positionnement vis-à-vis de Theresa May qui envisageait une période de transition, même en cas de sortie sans accord.

L’association «The3million», qui défend les intérêts des quelque 3,6 millions de citoyens européens résidant au Royaume-Uni, s’est offusquée de cette annonce.

L’axe Johnson-Trump

Autre front de discussions, avec les États-Unis cette fois. Le président américain, Donald Trump, a fait savoir via Twitter qu’il va rencontrer Boris Johnson en marge de la réunion du G7 – réunissant les dirigeants des sept pays les plus industrialisés – et qui se déroule ce week-end à Biarritz, en France.

De quoi relancer un peu plus l’idée d’un axe Londres-Washington sur le plan commercial.

Alors que des documents gouvernementaux révélés par le Sunday Times faisaient état par ailleurs de risques importants de pénurie de médicaments, de denrées alimentaires ou encore de carburants et de blocages aux frontières en cas de «no deal».