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Bilan parlementaire

L’ADR compte conserver fidèlement son cap



Le 13 octobre, Fernand Kartheiser (à gauche) deviendra président du groupe parlementaire et Gast Gybérien tirera sa révérence. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le 13 octobre, Fernand Kartheiser (à gauche) deviendra président du groupe parlementaire et Gast Gybérien tirera sa révérence. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

L’ADR a dressé le bilan de son action parlementaire pour cette année, et évoqué déjà quelques perspectives pour celle qui s’ouvrira le 13 octobre.  Sans Gast Gybérien qui après 31 années à la Chambre va céder sa place à Fred Keup. Fernand Kartehiser sera le président du groupe parlementaire.

L’année parlementaire 2019-2020 restera, selon ses cadres, exceptionnelle pour l’ADR. Elle aura, premièrement, été… la dernière de Gast Gybérien . Après 31 ans de présence à la Chambre il tirera sa révérence le 13 octobre prochain, cédant sa place à Fred Keup .

Fred Keup sera le prochain député de l’ADR. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Fred Keup sera le prochain député de l’ADR. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

«C’est un moment important pour nous, mais aussi pour le pays», commente Fernand Kartheiser lors du bilan parlementaire du parti ce mardi. «Gast est arrivé à la Chambre alors que l’agenda parlementaire était social. Si chacun ici n’a pas d’inquiétude à avoir pour sa pension, c’est en grande partie grâce à lui.»

L’ADR est une réussite politique, car s’inscrivant dans la durée.
Fernand Kartheiser

Fernand Kartheiser,  prochain président du groupe parlementaire

Deuxièmement, l’ADR semble avoir définitivement trouvé sa place sur l’échiquier national et local, trouvé un électorat, structuré ses organes… De par sa propre volonté grâce «à notre tendance conservatrice sociale avec comme priorité la défense de valeurs certaines, c’est notre ligne directrice. On peut maintenant dire que l’ADR est une réussite politique, car s’inscrivant dans la durée.» Le parti ne compte en tout cas pas dévier de cette ligne et garder son cap «qui nous distingue clairement des autres. Le CSV et le Piratepartei se retiennent dans leurs critiques, en étant pourtant dans l’opposition, car ils espèrent à un moment former une coalition avec le DP et Déi Gréng.»

L’ADR analyserait évidemment une invitation à entrer dans un gouvernement. «Mais on ne sacrifiera pas nos valeurs et nos idéaux à cette ambition», dit encore Fernand Kartheiser.

Qui estime que cet aplomb sera bénéfique, car d’une grande clarté: «Que voit-on au Luxembourg? Une gauche marquée. Et puis des partis centristes, qui se ressemblent tous… Nous sommes hors de ce champ.»

L’année prochaine sera aussi celle de l’arrivée de Fernand Kartheiser en tant que président du groupe parlementaire. La décision a été prise par le parti la semaine dernière.

La sécurité de tous comme priorité de la rentrée

Évidemment, la crise sanitaire a été évoquée lors de ce bilan. L’ADR s’inquiète notamment «de cette tendance du gouvernement à toucher à la vie privée des citoyens. Des lois sont prises avec la plus petite des majorités et atteignent aux libertés fondamentales. Le rôle de l’État est de garantir les libertés des gens, ici c’est du paternalisme.» L’ADR plaide donc, notamment, pour des votes à la majorité des deux tiers.

De même, le parti a répété son opposition à la mise en place d’une application de traçage. Et réitéré sa demande «d’une rentrée scolaire prochaine où la priorité soit la sécurité des élèves et du personnel. Le retour à l’école tel que voulu par le ministre Claude Meisch (DP) a entraîné d’énormes problèmes logistiques et a été irresponsable sur le plan sanitaire.»

Optimisme de rigueur

La notation triple A du pays auprès des agences internationales de référence inquiète aussi l’ADR. «On sait que quand l’endettement public dépasse les 30% cela peut entraîner une révision de la notation à la baisse. Cela pourrait avoir un effet boule de neige au niveau de la Place… qui est un pilier de l’économie nationale», avance Fernand Kartheiser.

Ce dernier estime que la rentrée parlementaire sera «nerveuse». La raison? «La concurrence entre les partis de la coalition va augmenter alors que les moyens financiers auront diminué. Il y aura des choix à faire, et donc de la tension. Quand Déi Gréng va vouloir de nouvelles taxes, quelle sera la réaction du LSAP qui songera à ses électeurs?», conclut Fernand Kartheiser.

Qui pour son parti, où ont dit l’harmonie a été retrouvée malgré quelques turbulences , avance «un travail excellent, une très bonne ambiance au sein du parti. Nous avons donc toutes les raisons de nous montrer optimistes.»