POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Task force Covid-19

Vers une vague encore plus forte avec le variant anglais



La présence du variant anglais – dont la prévalence représenterait 3% des cas enregistrés au Luxembourg – pourrait avoir de lourdes conséquences sur la dynamique de l’épidémie. (Photo: Shutterstock)

La présence du variant anglais – dont la prévalence représenterait 3% des cas enregistrés au Luxembourg – pourrait avoir de lourdes conséquences sur la dynamique de l’épidémie. (Photo: Shutterstock)

Même si l’épidémie de Covid-19 est à la baisse et devrait le rester à moyen terme dans le pays, le variant anglais pourrait provoquer un rebond rapide et fort de l’épidémie, similaire, voire plus fort, à la vague de cet automne, prévient le dernier rapport des chercheurs de la task force Covid-19.

L’arrivée du variant anglais pourrait provoquer un rebond de l’épidémie de Covid-19 au Luxembourg avec un pic allant jusqu’à près de 1.300 cas par jour, selon le dernier rapport de la task force Covid-19, dont les projections se basent sur les données disponibles au 13 janvier.

Pourtant, les projections à moyen terme sont à la baisse. Le rapport note une stabilisation de l’épidémie ces dernières semaines, et même une légère baisse du nombre de cas à venir dans les prochaines semaines, selon les nouvelles projections, ce qui se révèle plus optimiste que les projections des semaines précédentes.

Les projections actuelles prévoient une légère diminution des cas de Covid-19 pour les prochaines semaines. (Illustration: Research Luxembourg / Capture d’écran)

Les projections actuelles prévoient une légère diminution des cas de Covid-19 pour les prochaines semaines. (Illustration: Research Luxembourg / Capture d’écran)

Mais c’est sans compter deux facteurs qui pourraient aggraver la situation. D’une part, le retour des vacances de Noël et l’augmentation conséquente des interactions sociales pourraient se ressentir dans un délai de 10 à 21 jours – même si aucune hausse ne se manifeste pour le moment, ce qui serait dû à la «prudence de la population pendant les vacances», note le rapport.

Un variant présent à 3%

D’autre part, et d’une manière bien plus préoccupante, la présence du variant anglais, bien plus contagieux – et dont la prévalence estimée représenterait 3% des cas enregistrés au Luxembourg –, pourrait avoir de lourdes conséquences sur la dynamique de l’épidémie, comme s’en inquiétait la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), dans une récente interview à Paperjam . «Considérant la présence du variant anglais plus contagieux, la projection indique un fort rebond potentiel de la vague épidémique avec un nombre de cas par jour dépassant potentiellement le pic précédent», déclare ainsi le rapport.

Les projections de la task force partent de l’hypothèse que le variant anglais est 50% plus contagieux que le variant actuel – ce qui est plutôt optimiste, note la task force, sachant que les estimations actuelles considèrent que la contagiosité du variant anglais serait entre 40% et 70% plus élevée.

Il faut comprendre que le variant anglais, s’il est actuellement très minoritaire, pourrait vite remplacer le variant actuel du Covid-19. En France, selon une étude de l’Inserm publiée le 16 janvier, si le variant anglais représentait 1,4% des cas début janvier, il supplanterait vite la souche actuelle, entre fin février et mi-mars.

Entre 700 et 1.300 cas par jour

La task force envisage alors deux scénarios: avec les mesures anti-Covid datant du mois d’octobre – les bars et restaurants étaient alors ouverts jusqu’à minuit et aucun couvre-feu n’était décrété – ou avec celles datant de mi-décembre, plus strictes et similaires à celles en place actuellement. Elle précise en outre que la modélisation ne prend pas en compte les effets de la vaccination ou de mesures plus strictes.

Or, selon les projections, avec les mesures d’octobre, le pic atteindrait, entre fin mars et avril, près de 1.300 cas par jour – un chiffre qui serait ainsi deux fois plus élevé que lors du pic de début novembre.

Le pic atteindrait en mars-avril plus de 1.200 cas par jour avec les mesures d’octobre. (Illustration: Research Luxembourg / Capture d’écran)

Le pic atteindrait en mars-avril plus de 1.200 cas par jour avec les mesures d’octobre. (Illustration: Research Luxembourg / Capture d’écran)

Avec les mesures de mi-décembre, la vague serait moins forte, mais au moins aussi importante que celle connue cet automne, avec 700 cas lors du pic qui serait atteint en mai.

Avec les mesures de mi-décembre, la vague serait moins forte, mais au moins aussi importante que celle connue cet automne, avec 700 cas lors du pic attendu en mai. (Illustration: Research Luxembourg / Capture d’écran)

Avec les mesures de mi-décembre, la vague serait moins forte, mais au moins aussi importante que celle connue cet automne, avec 700 cas lors du pic attendu en mai. (Illustration: Research Luxembourg / Capture d’écran)

Mais une telle situation n’est pas inéluctable, souligne la task force: «Des efforts continus, pour réduire les interactions sociales, respecter les mesures d’hygiène et participer activement au large-scale testing, sont essentiels pour prévenir un rebond fort et rapide de la vague.» Sans compter les vaccins, qui pourraient, si le rythme de vaccination est suffisant, limiter l’ampleur d’une telle vague.