ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Réaction des syndicats

Le souhait d’une tripartite chez ArcelorMittal



Le LCGB et l’OGBL s’opposent à tout plan social chez ArcelorMittal et invitent le gouvernement à la table des discussions. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Le LCGB et l’OGBL s’opposent à tout plan social chez ArcelorMittal et invitent le gouvernement à la table des discussions. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Suite à l’annonce de la suppression de 570 postes par ArcelorMittal Luxembourg, l’OGBL et le LCGB demandent une tripartite sidérurgique. Ils s’opposent à tout licenciement. Une réunion devrait se tenir avec la direction et les ministères concernés lundi prochain.

Les syndicats réagissent après l’annonce de la suppression de 570 emplois chez ArcelorMittal . Ils demandent une «tripartite sidérurgique».

Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB – qui représente 60% du secteur au niveau national – parle d’une «journée noire de plus». Il regrette le non-renouvellement de «post-Lux 2016» fin juin 2019 . Cet accord tripartite couchait sur papier les mesures sociales et autres investissements pour accompagner la transformation des sites luxembourgeois du groupe sidérurgique.

Pour Robert Fornieri, il ne peut y avoir de discussion sans «cadre» autour. Il souhaite aussi que la tripartite sidérurgique inclue les autres entreprises du secteur, touchées par la même crise, comme Liberty Steel à Dudelange.

L’argument Covid-19, à nuancer

Même s’il admet que la situation conjoncturelle n’est «pas au beau fixe», le syndicat craint que l’argument Covid-19 avancé par la direction devienne le bouc émissaire, qui «tombe à point pour entamer des restructurations». Parmi les 570 suppressions de postes, 216 étaient déjà prévues depuis plus d’un an.

«ArcelorMittal devra assumer ses responsabilités, car le Covid n’est pas le seul facteur responsable de cette dégradation», écrit le syndicat dans un communiqué. Selon lui, un tiers des postes menacés concernent l’administration, et deux tiers les sites de production.

Le secrétaire général adjoint estime qu’en utilisant tous les outils possibles – entre préretraite, cellule de reclassement et plan d’investissement –, aucun licenciement ne doit être prononcé.

La direction évoque tout de même l’hypothèse, en dernière option, d’un plan social . Ce qu’il considère comme une «provocation». «Nous y sommes opposés jusqu’au bout, nous trouverons toujours des solutions.»

La crainte d’une surcharge de travail

Un sentiment partagé par l’OGBL. «Nous ne voulons pas de plan social. Nous voulons utiliser tous les instruments qui existent», réagit Stefano Araujo, secrétaire central pour la sidérurgie et les mines. Il espère, en plus, réduire le nombre de postes en jeu.

Lui aussi trouve que les arguments de la direction sont «simplifiés». Elle aurait également évoqué comme prétexte le fait que son futur siège, en construction au Kirchberg, était plus petit.

Le secrétaire central de l’OGBL s’inquiète pour l’avenir de la sidérurgie au Luxembourg, et pour le sort des travailleurs restant: «Des gens partent, mais le travail reste. Ceux qui continueront de travailler vont avoir une surcharge». Il espère des informations précises sur les investissements à venir. La direction lui aurait confirmé, lors d’une réunion, qu’aucune fermeture de site ou de ligne de production n’était prévue. «Ils ne nous ont pas donné de détails sur le nombre de personnes concernées sur quels sites.» Elle serait en tout cas ouverte à une tripartite d’après leurs discussions.

Suite à la demande de tripartite envoyée au gouvernement par le LCGB, les ministères du Travail, des Finances et de l’Économie auraient invité les syndicats et la direction à une réunion, lundi prochain, à 16h30.