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Pandémie

Le variant majoritaire au Luxembourg, 64% plus mortel?



Selon les derniers chiffres publiés, le variant anglais représente 65% des nouveaux cas d’infection au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Selon les derniers chiffres publiés, le variant anglais représente 65% des nouveaux cas d’infection au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Selon une étude britannique, le variant anglais, majoritaire au Luxembourg, est plus létal que la souche originelle du virus. 

Semaine après semaine, les rapports publiés par le département de microbiologie du Laboratoire national de santé (LNS) le confirment: les variants prennent le pas au Luxembourg (comme ailleurs en Europe) sur la souche originelle du Sars-CoV-2, le virus qui cause le Covid-19. Des variants qui ont un point commun: ils sont plus infectieux que la souche originelle. On aurait donc pu s’attendre à une explosion des infections. Mais celle-ci n’a pas eu lieu. Le dernier relevé hebdomadaire envoyé par le gouvernement, mercredi dernier, révélait d’ailleurs plutôt un taux d’incidence en diminution pour la semaine allant du 1er au 7 mars, de 210 à 191 nouveaux cas pour 100.000 habitants.

Cependant, le variant britannique s’est bien installé chez nous. Il représentait ainsi, au 28 février, date des dernières données analysées et publiées la semaine dernière, 65% des nouveaux cas d’infection. De quoi donc être largement majoritaire, à côté du variant sud-africain (responsable, lui, de 16% des nouveaux cas).

Or, une étude anglaise publiée le 10 mars dans la revue British Medical Journal (BMJ) avance que la souche britannique serait 64% plus mortelle que la souche originelle chinoise. «Cela pourrait expliquer une certaine mortalité chez nous ces dernières semaines…», concédait la semaine dernière le Docteur Thomas Dentzer, de la Direction de la santé, en évoquant cette étude dans une interview à Paperjam .

Une étude sur 110.000 personnes

L’étude en question a été effectuée par des chercheurs des universités d’Exeter et de Bristol. Elle est basée sur les données récoltées auprès de près de 110.000 personnes ayant été diagnostiquées positives entre le 1er octobre 2020 et le 29 janvier 2021 et n’étant pas hospitalisées. Ils ont été suivis pendant 28 jours. Une moitié des patients étaient infectés par la souche originelle du Sars-CoV-2, l’autre par le variant anglais. Les chercheurs ont ensuite comparé les taux de mortalité dans ces deux groupes, en prenant en compte certains facteurs comme l’âge, le genre ou l’origine ethnique.

Ils ont ainsi constaté un nombre de décès bien supérieur (227) chez les personnes infectées par le variant anglais par rapport à la souche ancestrale (141), ce qui représente une augmentation de la mortalité de 64%.

«Ce sont des chiffres, pour l’instant…»

«Il s’agit d’une étude statistique, rapportant une corrélation qui est un bon indice. Mais ce ne sont que des chiffres, pour l’instant…» expliquait en ce début de semaine le Docteur Danielle Perez-Bercoff, virologue et chercheuse au Luxembourg Institute of Health (LIH).

«Ce que je veux dire, c’est qu’il faudrait creuser pour savoir pourquoi il y aurait cette hausse de la mortalité avec cette souche. Est-ce juste parce que l’infection est plus importante au niveau de la population (plus de personnes infectées) ou est-ce que le virus infecte plus facilement les cellules dans l’organisme et provoque donc plus de dégâts au niveau des organes et des vaisseaux sanguins? Est-ce que, parmi les mutations de ce variant (on en compte 17), il y en a certaines qui lui confèrent un pouvoir plus pathogène? Pour l’instant, on n’en sait rien. Et cette étude ne nous aide pas à ce niveau-là, elle nous met juste en garde…»