POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Covid-19

Le Luxembourg suspend les injections du vaccin AstraZeneca



L’Agence européenne des médicaments doit lever les doutes sur le vaccin d’AstraZeneca.  (Photo: Shutterstock)

L’Agence européenne des médicaments doit lever les doutes sur le vaccin d’AstraZeneca.  (Photo: Shutterstock)

Comme ce fut le cas un peu plus tôt en France, en Allemagne et en Italie, le Luxembourg a annoncé, lundi 15 mars, suspendre temporairement l’administration de toutes les doses de vaccin du laboratoire AstraZeneca. Cette décision – une «mesure de précaution» – fait suite à quelques cas de problèmes sanguins ayant été signalés en Europe. 

Tous les regards seront focalisés ces prochains jours sur l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui doit formellement se positionner sur les éventuelles conséquences pour la santé posées par l’injection du vaccin du laboratoire AstraZeneca contre le Covid-19.

Quelques personnes ayant reçu ce vaccin ont en effet développé d’éventuels «effets secondaires» plus ou moins graves: problèmes de coagulation sanguine, et parfois même thromboses, c’est-à-dire la formation de caillots dans le système vasculaire. Le décès d’une femme âgée de 60 ans a, dans ces dernières conditions, été rapporté par l’agence nationale des médicaments au Danemark. Aucun lien avec la vaccination n’est établi pour cette personne, comme pour deux autres décès recensés en Norvège.

Depuis une semaine, plusieurs pays ont toutefois décidé de suspendre partiellement ou totalement l’emploi du vaccin du laboratoire suédo-britannique, dont la Commission européenne a commandé 400 millions de doses. Le Luxembourg n’a pas fait exception, puisque 659 doses d’un lot douteux de 4.800 unités ont été mises de côté le 11 mars . Les autres avaient en revanche déjà été administrées, sans le moindre problème manifeste, selon les autorités.

L’EMA et l’OMS appellent à poursuivre la vaccination

Lundi 15 mars, le Grand-Duché va plus loin, en annonçant mettre sur pause le déploiement de toutes les doses AstraZeneca, s’alignant ainsi sur les positions de la France et de l’Allemagne, annoncées plus tôt dans la journée. Les premières, comme les deuxièmes doses, sont concernées. Dans un communiqué, le ministère de la Santé précise qu’il s’agit d’«une mesure de précaution, dans l’attente du résultat des analyses de l’Agence européenne des médicaments».

Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le Luxembourg a reçu 26.400 doses du vaccin AstraZeneca, dont 8.106 ont déjà été administrées.

Dans un communiqué , l’EMA a indiqué, lundi, encourager la poursuite de la vaccination via la solution AstraZeneca, estimant que les bénéfices de son utilisation «l’emportent» sur les risques d’effets secondaires. L’Agence doit rendre un avis ce mardi, via son Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC), tandis qu’une réunion extraordinaire est convoquée jeudi pour statuer sur d’éventuelles dispositions.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est elle aussi exprimée, par la voix de sa cheffe scientifique Soumya Swaminathan: «Nous ne voulons pas que les gens paniquent, et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca.» Un message qui n’a que peu d’écho en Europe, au regard de la liste des pays ayant suspendu l’utilisation de ce vaccin ces dernières heures: France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Bulgarie, Irlande, Islande, Norvège…