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Domaine thermal

Vaccination demandée pour le personnel à Mondorf



À partir du 7 juin prochain, le personnel de santé du domaine thermal de Mondorf-les-Bains devra montrer patte blanche.  (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

À partir du 7 juin prochain, le personnel de santé du domaine thermal de Mondorf-les-Bains devra montrer patte blanche.  (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le conseil d’administration du domaine thermal de Mondorf a approuvé une note demandant à une quarantaine de membres de son personnel de démontrer qu’ils ont été vaccinés ou de subir un test de dépistage rapide du Covid-19. L’un ou l’autre apparaît comme un devoir aux yeux de la direction.

Le conseil d’administration du domaine thermal de Mondorf a-t-il voulu trop bien faire? Le 12 mai dernier, il a approuvé une note, applicable au 7 juin prochain, demandant à certains membres du personnel de santé travaillant au sein de l’entreprise d’être vaccinés, et de pouvoir le prouver à l’aide d’un document officiel. Ou alors de réaliser un test rapide qui leur sera fourni avant de prendre leur poste de travail.

Ce qui a fait quelques vagues n’était en réalité peut-être qu’une tempête dans un verre d’eau. «Il n’y a pas de vaccination obligatoire au Luxembourg, ni ailleurs ou presque. En ce qui nous concerne, nous ne parlons pas d’obligation, mais de devoir», nuance Paul Hammelmann, président du conseil d’administration de l’institution thermale. «Nos professionnels de santé sont prioritaires dans la stratégie de vaccination. Lorsque j’ai posé la question du nombre de vaccinés, on m’a répondu que moins de dix personnes n’étaient pas vaccinées.»

Pour autant, le conseil d’administration n’a rien voulu laisser au hasard et a donc approuvé la note qui demande au personnel du département Santé, soit 40 personnes travaillant au sein de la cure et de l’école du dos pour un total de 320 employés, un justificatif de vaccination ou, dans la négative, la réalisation d’un test rapide.

On demande bien un test rapide pour aller boire une bière, alors le demander à des personnes en contact avec des patients ne semble pas si stressant que cela.

Paul Hammelmann,  président du CA,  domaine thermal de Mondorf

Paul Hammelmann assure que la décision a été prise «à l’unanimité» par le conseil d’administration et rappelle également que le département de santé du domaine thermal est assimilé à un établissement hospitalier. Si une personne y contracte une infection, c’est le domaine thermal qui est responsable.

Enfin, le président insiste: «Nous n’obligeons pas à la vaccination. Mais nous estimons qu’il y a un devoir pour certaines personnes de se faire vacciner ou de démontrer être négatif par un test rapide. On demande bien un test rapide pour aller boire une bière, alors le demander à des personnes en contact avec des patients ne semble pas si stressant que cela. Nous pensons que nos patients ont le droit d’être rassurés à ce sujet. Par ailleurs, outre la question de la santé publique, un cluster au sein du domaine thermal signifiera la fermeture temporaire de l’entreprise.»

Paul Hammelmann termine en soulignant d’ailleurs ne pas vouloir d’une vaccination obligatoire au sein de l’établissement thermal, ou ailleurs. «Nous ne voulons pas que cela se passe comme en Italie qui a fait passer une loi qui permet de licencier le personnel médical qui refuse la vaccination. Si une personne refuse de prouver qu’elle a été vaccinée et refuse le test rapide ou le test PCR, nous n’allons pas la licencier. Nous allons juste la mettre à un poste de travail qui n’est pas en contact avec un patient», assure encore Paul Hammelmann.

On relèvera cependant que la note indique que la demande de vaccination ou de test rapide pourra être étendue à toute personne ayant du contact avec le public.

Une décision critiquée par les syndicats

«On ne peut pas obliger un salarié à se faire vacciner», rappelle  Nora Back , présidente de l’OGBL. «Il s’agit d’un choix personnel. C’est une question d’intégrité physique», comme  l’expliquait déjà l’avocat spécialisé en droit du travail M e Guy Castegnaro, à Paperjam, dans un précédent article .

Elle ajoute par ailleurs que la direction n’est même pas censée savoir qui a reçu le vaccin ou non.

Dans le cas du domaine thermal de Mondorf, une réunion était prévue rapidement avec les représentants du personnel de l’entreprise. Mais elle admet d’emblée que, d’après les informations en sa possession, l’approche de la direction semble «très limite». L’obligation de vaccination serait déguisée sous la menace, pour ceux qui la refusent ou refusent les tests, d’être réaffectés à des tâches sans contact physique. «Éviter les contacts, on peut en discuter. S’il n’y a pas de répercussion financière ou sur le poste de travail», dit-elle.

Du côté du LCGB, Mandy Noesen, secrétaire syndicale FHL - Santé, souligne qu’«il y a des discussions après la décision du conseil d’administration du domaine thermal. La vaccination peut toujours être une recommandation, mais il n’est clairement pas possible d’obliger les gens à se faire vacciner». Cette dernière semble comprendre la démarche, le CA cherchant à mettre en sécurité ses employés, mais aussi sa clientèle. Mais Mandy Noesen reste affirmative: «Le domaine peut recommander la vaccination, mais l’obliger, certainement pas».

2 ou 3 personnes sur 40

Dans le cas où un employé serait mis de côté en raison d’un refus d’être vacciné, Mandy Noesen est également très claire: «Si tel est le cas, cette personne doit immédiatement se mettre en relation avec la délégation du personnel afin d’étudier la situation et identifier les raisons de cette mise à l’écart. Mais on ne peut pas écarter un employé de son lieu de travail habituel, car il n’est pas vacciné. Surtout, on doit donner des soins à un patient qui en a besoin. Qu’arrivera-t-il, si tout un service est écarté? Ils vont fermer tout un service», s’interroge-t-elle.

Selon les informations de Paperjam, sur les 40 personnes du département de santé du domaine thermal, 8 personnes ont d’abord exprimé un refus. Mais depuis lors, plusieurs réfractaires ont été vaccinés. Seulement 2 à 3 personnes travaillant dans le département en question n’auraient pas encore fait cette démarche.