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mobilité

Tout le monde ne pourra pas venir au Luxembourg lundi



Des déplacements libres entre la Belgique et le Luxembourg ne pourraient avoir lieu qu’à partir du 8 juin. (Photo: Paperjam/Archives)

Des déplacements libres entre la Belgique et le Luxembourg ne pourraient avoir lieu qu’à partir du 8 juin. (Photo: Paperjam/Archives)

Si les commerces vont à nouveau ouvrir leurs portes lundi au Luxembourg, tous les clients de la Grande Région ne pourront pas s’y rendre. Des restrictions quant à la mobilité restent en effet d’application.

Les habitants de la Grande Région qui rêvent d’un peu de shopping dans les magasins luxembourgeois à partir de lundi vont, pour certains, en être pour leurs frais. Si les frontières ne sont pas officiellement fermées, des restrictions demeurent quant aux déplacement, notamment en Belgique et en Allemagne. 

Ce qui n’est pas une volonté luxembourgeoise. «Non, les frontières sont ouvertes pour notre part et chacun peut venir», explique-t-on au call center mis en place par le gouvernement. Où l’on précise néanmoins qu’«il faut faire preuve d’un certain bon sens et ne pas se déplacer de façon inutile».

Côté français, la préfecture de la Moselle indique à Paperjam que «personne, à partir du 11 mai, ne sera  empêché d’aller au Luxembourg pour autant qu’il respecte les mesures de circulation prescrites sur le territoire français. Notamment ne pas aller au-delà d’un périmètre de 100km de son domicile sans une attestation prouvant un motif professionnel, familial ou impérieux.» 

C’était sans doute aller un peu vite en besogne: sauf pour les travailleurs frontaliers ou un déplacement por un motif impérieux, la frontière franco-luxembourgeoise restera fermée jusqu'au 15 juin.

La Belgique a aussi entamé sa sortie de confinement le lundi 4 mai, et deux autres étapes sont prévues les 11 et 18 mai. La règle de base est que «toute mesure prise dans le cadre de la crise sanitaire et qui n’est pas supprimée reste de facto d’application». En conséquence, seuls quelques déplacements sont autorisés sur le territoire national, dont ceux pour raison professionnelle  ou pour un motif impérieux: un rendez-vous médical urgent, faire des courses alimentaires, apporter assistance à un tiers…

Dès lors «se déplacer vers un autre pays sans motif reste donc aussi interdit», nous dit-on au ministère belge de des Affaires étrangères. «Si on peut faire des courses à côté de chez soi, on ne peut justifier de se déplacer au Luxembourg. Des contrôles peuvent donc toujours être pratiqués par la police.» Avec une amende potentielle de 250 euros à la clé!

Mais quand les frontaliers belges qui n’ont pas d’occupation professionnelle au Luxembourg pourront-ils se rendre au Grand-Duché sans crainte d’être verbalisés? Nous avons posé la question aux autorités belges, qui répondent que «ce ne sera sans doute pas avant le lundi 8 juin, dans le meilleur des cas». Jusqu'à cette date au moins tout déplacement non-essentiel hors Belgique est purement et simplement interdit. Et il faudra peut-être patienter plus longtemps encore car c’est «le Conseil national de sécurité qui évaluera cette interdiction en temps utile.»

En Allemagne, la sortie de confinement est aussi amorcée. Mais c’est sans doute avec ce pays que la situation est la plus difficile. Décision avait en effet été prise côté allemand, dans un premier temps, de fermer les frontières. Par la suite, certains points de passage ont été à nouveau ouverts mais soumis à des contrôles systématiques puisqu’il faut en effet justifier de son déplacement. Une mesure qui a déplu à nombre de bourgmestres luxembourgeois mais aussi au ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn  (LSAP) qui a écrit, après l’avoir déjà réclamé auparavant , au ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer pour lui demander la levée de ces actions. Ce dernier a évoqué dans des médias allemands un possible assouplissement à la mi-mai.