ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Construction

Réouverture des chantiers par étapes chez Costantini



Comme d’autres, les travaux que Costantini menait pour les ateliers communaux de Mondercange pourraient bientôt reprendre. (Photo: Costantini)

Comme d’autres, les travaux que Costantini menait pour les ateliers communaux de Mondercange pourraient bientôt reprendre. (Photo: Costantini)

Costantini commencera par redémarrer un à deux chantiers lundi, pour une reprise de l’activité normale d’ici trois semaines. Stock et personnel disponible ne semblent pas poser de problème à ce rythme. L’entreprise de construction reste vigilante quant à la protection de ses salariés.

Xavier Bettel a annoncé la reprise des chantiers lundi . «Cela fait deux semaines que nous nous préparions, en attendant la réponse du gouvernement. Mais nous nous attendions plutôt à un redémarrage la semaine suivante ou début mai», commente Christophe Dardenne , l’un des associés de l’entreprise de construction Costantini. Elle s’occupe principalement de travaux de la route, du bâtiment et de démolition.

Direction, service QSE (qualité, sécurité et environnement), RH (ressources humaines)… s’activent donc pour reprendre l’activité dès lundi. L’entreprise prévoit de commencer par un ou deux chantiers, afin d’en atteindre cinq ou six en fin de semaine prochaine. «Nous allons recommencer progressivement», insiste Christophe Dardenne. Il travaille en ce moment à l’élaboration d’un planning de réouvertures précis, en analysant chaque cas.

«Il y a des chantiers qui se prêtent mieux à recommencer. Ceux où il y a moins de monde, plus de machines et donc moins de risques de proximité. Contrairement aux plus gros avec des sous-traitants, avec lesquels il faudra se mettre d’accord», explique-t-il.

Fournisseurs luxembourgeois

Sur ses 600 salariés, 450 travaillent sur le terrain, sans compter les intérimaires. Même si certains peuvent être en congé pour raisons familiales ou maladie, «par rapport à ce que nous avons envisagé, nous aurons le personnel suffisant», déclare-t-il. «Nous sentons que beaucoup ont envie de reprendre l’activité.»

Il voit la prochaine semaine comme un test. «Nous verrons si cela marche, sans engendrer de risques de contamination, et comment tout le monde reprend au niveau de la chaîne d’approvisionnement.»

L’entreprise ne se fait pas trop de souci à ce sujet. «Nous avions quelques problèmes d’approvisionnement avant la fermeture. Mais je pense que la majorité des matériaux resteront disponibles», estime Christophe Dardenne. Il s’inquiète en revanche pour ceux qui viennent de Chine, d’Italie et d’Espagne. Mais quasiment 100% viennent du Luxembourg d’après lui.

Pour les machines, «il y aura peut-être deux ou trois petites interventions à faire, mais cela reste marginal. Nous avons été arrêtés quatre semaines, c’est comme un gros congé collectif.»

Une trentaine de chantiers au Grand-Duché

«Il faudra à mon avis deux à trois semaines pour reprendre une activité complète», estime-t-il. L’entreprise travaillait sur une trentaine de chantiers au Luxembourg avant la fermeture le 20 mars.

Elle a déjà repris un chantier en France mardi, près de Metz. Même s’ils n’ont pas été officiellement arrêtés dans le pays, elle attendait d’avoir le matériel de protection nécessaire avant de recommencer. Pendant ce temps, les salariés étaient au chômage partiel. L’entreprise réalise 65% de son activité au Luxembourg, le reste en France. La quinzaine de chantiers sur lesquels elle travaille là-bas devraient redémarrer à un rythme similaire à celui prévu au Grand-Duché.

Masques en stock

Bien sûr, Costantini reste vigilante et appliquera des mesures d’hygiène pour éviter de nouvelles contaminations qui pourraient de nouveau stopper l’activité. «Nous estimons avoir besoin de plus ou moins 26.000 masques par mois pour protéger l’ensemble du personnel», calcule Christophe Dardenne. Il assure en avoir en stock. Des commandes qu’il avait passées avant de savoir que le gouvernement en fournirait aux salariés luxembourgeois, afin d’être rapidement opérationnel.

L’entreprise prévoit un nettoyage accru des postes de travail, du réfectoire, des vestiaires. Elle mettra en place plusieurs points d’eau avec du savon. Les camionnettes ne seront plus remplies. «Ce sont des contraintes supplémentaires», admet-il. «Il va falloir alterner pour que tout le monde ne se retrouve pas au même endroit au même moment.» Le service QSE informera les salariés et surveillera la mise en pratique des règles sur le terrain. L’entreprise s’attend aussi à des contrôles de l’Inspection du travail.

Le personnel administratif devrait quant à lui rester en télétravail jusqu’à fin avril, voire fin mai.

Baisse de 10% du chiffre d’affaires

Arrêter les chantiers un mois pour les redémarrer ensuite peut sembler dénué de sens pour certains. «Le secteur de la construction emploie énormément de personnes qui se croisent tous les jours. Il était nécessaire de participer à l’effort collectif», réplique Christophe Dardenne. La suspension a «certainement aidé à ne pas engorger les hôpitaux en augmentant le nombre de cas», pour lui.

Au final, elle aura provoqué une perte de 10% du chiffre d’affaires du groupe, qui s’élevait à 120 millions d’euros en 2019. Si le carnet de commandes ne baisse pas dans les prochains mois. «Nous avons beaucoup de projets en cours, d’autres devraient sortir, nous ne sommes pas trop inquiets sur le moyen terme», relativise-t-il. Sa seule inquiétude pour le moment: la reprise, en toute sécurité.