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Travaux manuels

Les artisans de la construction reprennent, les autres attendent



Si tout le secteur de la construction reprend dès lundi, cela signifie aussi une reprise de l’activité à domicile pour les plombiers et les chauffagistes, selon Tom Wirion, directeur de la Chambre des métiers. (Photo: Shutterstock)

Si tout le secteur de la construction reprend dès lundi, cela signifie aussi une reprise de l’activité à domicile pour les plombiers et les chauffagistes, selon Tom Wirion, directeur de la Chambre des métiers. (Photo: Shutterstock)

La réouverture des chantiers concerne l’ensemble des métiers du secteur de la construction, selon la Chambre des métiers. Des entreprises de BTP aux plombiers. En revanche, pas de changement pour les autres artisans dont l’activité n’est pas considérée comme essentielle, qui restent inactifs jusqu’à nouvel ordre.

Xavier Bettel l’a annoncé hier : les chantiers reprendront dès lundi au Luxembourg. Une nouvelle qui réjouit le secteur de l’artisanat, puisqu’elle concerne la moitié de ses 95.000 salariés au Luxembourg, selon Tom Wirion , directeur général de la Chambre des métiers. Mais concrètement, quels sont les artisans qui pourront reprendre leur activité lundi?

Toute la construction devrait reprendre

«Pour l’instant, tout ce dont nous disposons comme information, c’est ce que le Premier ministre a dit lors de son point presse et ce qui est publié sur le site du gouvernement», répond Tom Wirion. «Nous attendons un règlement grand-ducal qui va préciser les choses et déterminer les règles sanitaires pour la reprise.»

Il analyse tout de même: «Xavier Bettel dit que les chantiers vont rouvrir, j’en déduis que cela concerne tous les métiers de la construction. Cela ferait sens, c’est toute une chaîne de valeur.»

Est-ce que cela signifie qu’il sera possible d’appeler le plombier ou le chauffagiste à son domicile? «Selon moi, les chantiers concernent aussi ceux qui se font chez les gens. Donc, des rénovations qui peuvent se faire aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est la lecture que nous en faisons», avance-t-il prudemment. Pendant le confinement, en effet, «seuls les dépannages et les interventions urgentes étaient permis», rappelle-t-il.

Toujours pas de coiffeur

Mais tous les artisans ne sont pas logés à même enseigne.

«D’autres activités ne vont pas rouvrir, comme les soins à la personne: coiffure, esthétique...», poursuit-il. «Pour des raisons sanitaires, et jusqu’à nouvel ordre», explique-t-il.

«C’était déjà dur pour eux, car ils ne peuvent pas exercer leur activité à distance, et ça le restera», commente le directeur de la Chambre des métiers, qui compte sur des aides financières du gouvernement.

Les fleuristes dans le doute

Pas d’informations précises concernant certains commerces artisanaux non essentiels.

«Les activités de jardiniers et paysagistes reprennent. Je ne sais pas ce qu’il en est pour les fleuristes, le mot ne figure pas dans la communication du gouvernement, je n’ai pas lu qu’ils pourraient rouvrir», note par exemple Tom Wirion. «La plupart se sont réorganisés pour faire de la vente en ligne», souligne-t-il.

De même, bijoutiers, horlogers, cordonniers… resteront fermés, selon lui.

Les magasins d'ameublement aussi selon Nicolas Henckes , directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC). Reste aussi à préciser la possibilité du montage de meubles à domicile. Nicolas Henceks estime, comme Tom Wirion, que les travaux chez les particuliers, par exemple de carreleurs, devraient être autorisés dès lundi.

Pas de changement dans l’alimentaire

Les bouchers, boulangers, pâtissiers, traiteurs… ont pu continuer leur activité pendant la crise, malgré une baisse importante du nombre de clients, «dans des conditions sanitaires renforcées», ajoute Tom Wirion. «Ces entreprises peuvent toujours fonctionner, mais les espaces de restauration que peuvent avoir certains pâtissiers, par exemple, restent fermés.»

De même, les opticiens, considérés comme commerces essentiels par le règlement grand-ducal du 18 mars , ne voient pas de changement de situation, et restent ouverts.

Les règles sanitaires, clé du succès

«Ce n’est pas évident de remettre une machine en route, c’est un gros défi», commente Tom Wirion. «Mais je suis optimiste.» Il continue: «Si le confinement avait duré encore quelques semaines, cela aurait causé énormément de problèmes pour les entreprises. Progressivement, le chiffre d’affaires va pouvoir reprendre, et elles essaieront de ne pas finir l’année avec des résultats trop négatifs.» Il ne néglige pas l’importance de garder des règles d’hygiène strictes, pour éviter de nouvelles infections au Covid-19. «Les entreprises sont prêtes et ont conscience que c’est la clé du succès de la reprise.»

Pour une date de réouverture des commerces encore fermés, «c’est au gouvernement, sur la base de sa politique sanitaire, qui semble efficace, de le dire», estime-t-il, avec confiance.