POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Premier employeur du pays

L’artisanat met la pression sur le gouvernement



Entre des loyers supérieurs à 10.000 euros, plafond de l’aide, et des avances remboursables, les artisans ne s’y retrouvent pas et plaident eux aussi pour une prime unique graduée en fonction du nombre de salariés. Une mesure à 112 millions d’euros. (Photo: Shutterstock)

Entre des loyers supérieurs à 10.000 euros, plafond de l’aide, et des avances remboursables, les artisans ne s’y retrouvent pas et plaident eux aussi pour une prime unique graduée en fonction du nombre de salariés. Une mesure à 112 millions d’euros. (Photo: Shutterstock)

Comme les PME et les indépendants, l’artisanat préférerait une prime unique à des avances remboursables. Au-delà de ses revendications, la Chambre des métiers publie un double plan de sortie de crise. Avec 94.000 salariés, le premier employeur du pays a une voix qui porte.

Dans l’ambiance policée des commentaires de l’action du gouvernement face à la crise, la position de l’artisanat, publiée lundi soir, est une rupture.

«Le programme de stabilisation Covid-19, salué par les acteurs institutionnels et économiques du pays, apparaît insuffisant, au vu des mesures de prolongation du confinement récemment annoncées par le gouvernement», analyse la Chambre des métiers. «Chaque semaine de ‘lockout’ entraîne non seulement des pertes de chiffres d’affaires considérables pour les entreprises de l’artisanat, mais aussi une augmentation plus que proportionnelle des coûts de remobilisation qui interviendront lors de la mise en œuvre des mesures de redémarrage des activités. Les entreprises enregistrent de surcroît des problèmes accrus de liquidités qui ne sont pas solutionnés par les mesures d’aide actuelles. Si par ailleurs elles décidaient d’un refus de paiement de leurs fournisseurs en vue de permettre un maintien de leur trésorerie, les conséquences de l’effet boule de neige qui en résulterait n’en seraient qu’encore plus graves pour l’économie.»

Le premier employeur du pays, avec 94.000 employés dans 7.500 entreprises, souvent très petites, reprend l’analyse de l’IFO allemand, selon lequel «un mois de confinement coûte entre 4,3 et 7,5% du PIB et chaque prolongement d’une semaine de ‘shutdown’ augmente les coûts de l’économie entre 0,7 et 1,6% du PIB .

112 millions d’euros pour une prime unique

Que veulent les artisans? «Un élargissement de l’aide directe à toutes les activités artisanales, mais aussi une gradation différente des aides directes non remboursables pour les micro-entreprises tout comme pour les entreprises de taille petite et moyenne, avec comme critère d’attribution principal la perte de chiffre d’affaires et, partant, les problèmes de liquidités de l’entreprise dus à la crise sanitaire», revendication à opposer aux aides remboursables et autres avances.

Elle chiffre cette mesure à 113 millions d’euros, via une prime de 9.000 euros pour les entreprises jusqu’à 4 personnes, de 15.000 euros pour les entreprises de 5 à 9 personnes, de 30.000 euros de 10 à 49 personnes et de 50.000 euros au-delà.

Dans une deuxième partie, la chambre qui représente les artisans déroule des revendications autour d’un scénario de sortie de crise à court terme et à moyen terme.

À court terme, les 14 mesures qu’elle propose vont d’un coordinateur de la reprise à un soutien financier pour activités suspendues de manière prolongée ou un passeport santé. À moyen terme, elle envisage la création d’un fonds de solidarité, une refonte du financement de la formation professionnelle ou encore une accélération du plan national de l’énergie et du climat.