POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

classes terminales

Une rentrée sous tension



Les lycées luxembourgeois rouvrent leurs portes ce lundi pour deux semaines de cours. (Photo: André s  Lejona/ a rchives Maison Moderne)

Les lycées luxembourgeois rouvrent leurs portes ce lundi pour deux semaines de cours. (Photo: André s Lejona/ a rchives Maison Moderne)

Les classes terminales reprennent ce lundi le chemin des lycées alors que le débat sur la reprise des cours ne s’éteint pas.

Les premières et terminales ont dû régler leur réveil hier soir pour la première fois depuis l’arrêt des cours le 16 mars. Un retour aux habitudes sur fond de polémique politique: fallait-il rouvrir les établissements scolaires?

Remise en question par certaines sensibilités de l’opposition, la rentrée des terminales se justifie , selon le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch  (DP), qui s’est expliqué devant les députés de la commission parlementaire éponyme la semaine dernière. Il tient à «garantir que ces élèves puissent terminer leur cursus scolaire» alors que l’examen de fin d’études secondaires se tient dans deux semaines. Un enjeu qui sous-tend le refus du ministre de «dispenser des élèves de l’école» alors qu’une présence facultative était suggérée et ardemment défendue par l’ADR. Même si les enfants et enseignants vulnérables – environ 1 sur 10 – pourront se faire dispenser.

La reprise progressive des réseaux RGTR, CFL et du tram est également au rendez-vous pour cette rentrée scolaire un peu spéciale, caractérisée par une scission des classes en deux groupes pour respecter la distanciation sociale dans les établissements scolaires. Selon les instructions du ministère, «les élèves de chaque classe sont divisés en deux groupes, A et B. Les directions des lycées établiront un emploi du temps avec un horaire différé pour chacun des deux groupes.» Les lycées ont également mis en place un balisage afin de fluidifier la circulation au sein des établissements. Pas de cantine scolaire non plus: les élèves doivent commander des sacs repas via la plate-forme Restopolis ou rentrer déjeuner chez eux. Leurs horaires ont d'ailleurs été ajustés afin qu'ils sortent plus tôt.

La pétition pour la rentrée en septembre sera discutée

Âprement discuté en commission parlementaire la semaine dernière, le débat n’est toujours pas clos concernant les classes inférieures  qui pourraient revenir en classe dès le 25 mai. «On est sceptique pour les plus jeunes», soulignait Sven Clement, député Piratepartei. «On devrait se demander si on ne pourrait pas rendre facultatives les dernières semaines voire seulement forcer ceux et celles qui ne sont pas joignables par les outils d’éducation à distance.»

Une réflexion partagée par d’autres sensibilités, même si les partis de la majorité avancent l’argument d’une aggravation des inégalités. «L’écart entre les performances scolaires des enfants de milieux aisés et défavorisés est d’ores et déjà le problème majeur de l’éducation au Luxembourg et risque de s’accentuer si le confinement des enfants persiste», s’inquiète Francine Closener (LSAP). «En plus, les problèmes psychologiques et sociaux pourraient s’aggraver aussi chez les enfants et les adolescents.»

La pétition réclamant une rentrée en septembre, qui a d'ores et déjà récolté plus de 4.500 signatures, sera discutée en commission dès mercredi.

La représentation des parents d’élèves , désirant se plier aux décisions prises par le ministère en consultation avec les enseignants, s’est prononcée en faveur du choix pour certains enfants. «Pour les enfants de moins de 6 ans, la liberté doit être laissée aux parents de les remettre à l’école ou non, sachant que leur faire respecter des mesures de sécurité est plus compliqué. Même chose pour des enfants à besoins spécifiques, par exemple autistes. Enfin, le choix doit aussi être laissé pour les familles dans lesquelles un enfant peut côtoyer une personne vulnérable, par exemple une personne âgée.»

D’autres questions se posent enfin concernant les crèches et les modalités de leur réouverture. «Nous avons dit au ministre: ‘vous devriez réfléchir à prolonger le congé pour raisons familiales après le 25 mai pour les parents qui ne trouveront pas de place en crèche’», indique Martine Hansen , chef de fraction CSV. Le ministre a prévu d’ouvrir en tout état de cause les crèches pour accueillir les enfants d’enseignants.

L’enjeu est de taille puisque le Luxembourg compte 325 services d’éducation et d’accueil gérés par des gestionnaires conventionnés (asbl, communes…) ou commerciaux. Fin 2019, il y avait 39.461 places dans ces services (sachant qu’un enfant peut occuper plusieurs places à des horaires différents). Le seul secteur conventionné occupait plus de 1.500 personnes à temps plein.