POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Front social

Le pouvoir d’achat, priorité pour la CGFP



Romain Wolff (à gauche), président de la CGFP et de la Chambre des fonctionnaires et employés publics, dénonce un manque de concertation et la négligence de la voix de la CHFEP. (Photo: CGFP)

Romain Wolff (à gauche), président de la CGFP et de la Chambre des fonctionnaires et employés publics, dénonce un manque de concertation et la négligence de la voix de la CHFEP. (Photo: CGFP)

La Confédération générale de la fonction publique (CGFP) a rappelé lundi ses exigences au sortir de son comité fédéral.

Après l’OGBL , au tour de la CGFP de faire le point sur un premier semestre mouvementé sur le front social. Réuni pour la première fois depuis le confinement, le comité fédéral lance un «double appel au gouvernement»: «aucune dégradation des prestations sociales durant la législature courante» et «aucune décision pénalisant le pouvoir d’achat des citoyens de quelque manière que ce soit».

«Les gens ont besoin, surtout en période d’incertitude économique, d’un maximum de prévisibilité, autrement notre société court le risque de voir dérailler l’ensemble du système de sécurité sociale et de pension», rappelle la CGFP dans son communiqué. Et de souligner que la politique n’avait pas respecté «sa promesse de ne pas demander aux contribuables de passer à la caisse pour sauver les banques».

«Le dialogue social doit être intensifié dans les prochaines semaines», plaide la CGFP en écho aux revendications de l’OGBL . «La CGFP n’acceptera pas d’être placée devant le fait accompli. Nous exigeons une tripartite élargie qui évoquera également des sujets délicats, comme la politique budgétaire et le financement des suites du coronavirus.»

La CHFEP négligée

Appelant à des «efforts communs», le syndicat majoritaire de la fonction publique refuse de voir le «trou financier sanitaire» à la charge des seuls actifs.

La CGFP s’inquiète également pour l’emploi, qui voit déjà se multiplier les contrats de travail à durée déterminée, et demande l’abolition du système d’évaluation dans la fonction publique – contre lequel elle s’opposait déjà auparavant . Le syndicat s’insurge par ailleurs contre le mépris affiché face à la Chambre des fonctionnaires et employés publics (CHFEP), dont l’avis n’a pas été sollicité lors de la nouvelle loi Covid (qui doit être adoptée ce jeudi).

«On ne traite pas ainsi une institution qui représente plus de 53.000 membres ainsi que leurs familles», tempête Romain Wolff, président de la CHFEP. Une lettre a été envoyée au Premier ministre Xavier Bettel (DP) afin de soulever cet affront, qui ressuscite une vieille revendication des chambres professionnelles: leur ancrage dans la Constitution afin que leur avis soit obligatoirement recueilli lors du processus législatif, comme c’est le cas pour le Conseil d’État.