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L’OGBL prône une «relance socialement juste»



Le comité national s’est tenu exceptionnellement à Soleuvre afin de respecter l’obligation de distanciation physique entre les membres. (Photo: Capture d’écran Youtube)

Le comité national s’est tenu exceptionnellement à Soleuvre afin de respecter l’obligation de distanciation physique entre les membres. (Photo: Capture d’écran Youtube)

Le premier syndicat du pays a tenu, mardi, son comité national axé sur la sortie de crise, avec un rappel des revendications émises lors de la tripartite du 3 juillet.

«La relance doit être socialement juste», a martelé, mardi,  Nora Back , présidente de l’OGBL, à l’issue de son premier comité national à ce poste. «Les gens ne doivent pas être oubliés. Les entreprises ont souffert, mais les travailleurs aussi, par peur de perdre leur emploi ou parce qu’ils devaient survivre avec 80% de leur salaire s’ils étaient en chômage partiel.»

La présidente de l’OGBL rappelle à quel point elle a «regretté que le dialogue social ne fonctionne pas durant la crise comme nous l’aurions souhaité», soulignant qu’«il est important que les forces vives de la nation discutent ensemble des solutions à la crise». L’OGBL et les autres syndicats ont longtemps réclamé une tripartite avant de l’obtenir finalement début juillet, après une première ronde de bipartites en juin.

Relancer l’économie, c’est aussi relancer le pouvoir d’achat des gens.
Nora Back

Nora Back,  présidente,  OGBL

Une tripartite toutefois en partie décevante. «Nous déplorons fermement que plusieurs sujets essentiels pour l’OGBL et pour les travailleurs n’aient pas été discutés.» Certes, «la priorité est le chômage» et le retour de la confiance. «Nous avons besoin de confiance pour que les entreprises puissent investir et créer des emplois. Dans un contexte où on ne sait pas comment la situation sanitaire va évoluer, quel sera le niveau de la récession, quel impact elle aura sur quels secteurs, il est important de s’assurer de la relance», admet-elle. «Mais relancer l’économie, c’est aussi relancer le pouvoir d’achat des gens», ajoute-t-elle, mettant en garde contre une politique d’austérité qui a fait des ravages dans l’après-crise de 2008.

C’est pourquoi le syndicat soutient les mesures «décidées par le gouvernement et non négociées lors de la tripartite», et réitère sa revendication de discussions plus larges que la seule lutte contre le chômage. Pouvoir d’achat – avec notamment une mesure rapide à mettre en œuvre: l’adaptation des allocations familiales à laquelle le gouvernement s’était engagé en 2014 et prévoit pour la fin de son mandat –, logement – puisque le confinement et le télétravail ont rendu le problème d’espace encore plus flagrant et douloureux pour les ménages –, politique fiscale – pour plus de justice fiscale – doivent également être mis sur la table selon le syndicat. Sans oublier une politique d’investissements qui ne concerne pas seulement les infrastructures mais aussi les travailleurs des secteurs concernés, de la santé aux transports.

«Le gouvernement nous a répondu que ces sujets n’étaient pas des priorités pour la tripartite», regrette Mme Back. «Or ce sont des discussions que nous devons mener entre les trois acteurs du modèle qui garantit la paix sociale dans le pays.»

L’OGBL promet d’insister lors de la deuxième réunion tripartite en septembre et fourbit déjà ses arguments et revendications, de la réforme des plans de maintien dans l’emploi aux mesures prévenant les licenciements économiques.