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comment le findel s’est adapté

On a testé: le retour à l’aéroport



Masque obligatoire, respect des distances dans l’aéroport… Le parcours du client a été adapté aux nouvelles conditions sanitaires. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Masque obligatoire, respect des distances dans l’aéroport… Le parcours du client a été adapté aux nouvelles conditions sanitaires. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Lux-Airport a accueilli la presse jeudi pour une visite en avant-première de l’aéroport, à la veille de la reprise des vols commerciaux. Nous avons suivi le parcours auquel les voyageurs pourront s’attendre, de l’arrivée à l’aéroport jusqu’à la sortie de l’avion.

Le soleil brille sur le parking presque vide du Findel. Tant mieux puisque notre destination du jour sera le Luxembourg. Deux portes automatiques permettent de pénétrer dans le bâtiment. Sur l’une, un autocollant rouge indique «No entrance». Sur l’autre, en bleu, «Entrance only». «Nous avons mis en place une entrée à sens unique pour le moment», explique René Steinhaus , CEO de Lux-Airport. Des flèches au sol nous invitent à les suivre.

Une seule entrée et une seule sortie au terminal du Findel. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Une seule entrée et une seule sortie au terminal du Findel. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Une fois entré, un grand panneau rappelle directement les principales règles d’hygiène à respecter: garder ses distances, porter un masque, se laver régulièrement les mains, tousser dans son coude… Et pour les passagers qui l’auraient raté, un message automatique diffusé dans tout le hall agit en guise de rappel, en différentes langues. À partir de la semaine prochaine, il sera aussi possible d’acheter un masque à l’entrée pour les plus têtes en l’air.

Partout, affiches ou panneaux rappellent les règles de base. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Partout, affiches ou panneaux rappellent les règles de base. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Ayant pris un peu d’avance pour embarquer (sur les conseils de Luxair), nous décidons de prendre un café. Un distributeur de gel hydroalcoolique trône devant le Starbucks. Nous nous désinfectons les mains, puis nous faisons la queue en suivant les autocollants au sol qui ordonnent de respecter les deux mètres de distance.

Pour l’instant, impossible de s’asseoir pour déguster sa boisson, les tables ont été retirées. «Nous ne faisons que du take-away. Mais à partir de vendredi, nous allons remettre des tables en respectant les deux mètres de distance», se réjouissent les serveurs.

Dans les commerces de l’aéroport aussi, le sol est rempli d’autocollants. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Dans les commerces de l’aéroport aussi, le sol est rempli d’autocollants. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Pour siroter son café, on peut toujours s’installer sur un siège dans le grand hall. Un sur deux a été condamné pour respecter les distances de sécurité.

Un autocollant demande de ne pas s’asseoir côte à côte. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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Un siège sur deux, une borne sur deux… dans l’aéroport, mais pas à bord de l’avion. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

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Le temps passe et il est l’heure de s’enregistrer. «Nous encourageons les passagers à le faire en ligne depuis chez eux», signale Jan Lalkens, vice-président des services à l’aéroport du groupe Luxair. Sur place, on a le choix de faire son check-in sur les bornes automatiques ou au guichet. Là aussi, un kiosque électronique sur deux a été désactivé et le gel hydroalcoolique est à disposition. 50 distributeurs ont été placés partout dans l’établissement.

Seconde étape, déposer ses bagages. Chez Luxair, les articles autorisés en cabine seront limités aux ordinateurs portables, sacs à main, porte-documents, médicaments et articles pour bébés. Le sol rempli d’autocollants nous empêche à nouveau d’oublier le respect des distances.

Le sol de l’aéroport a été entièrement redécoré. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le sol de l’aéroport a été entièrement redécoré. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Les bras enfin libres, direction la sécurité. Les agents, masqués et gantés, vérifient les documents de vol derrière une vitre en plexiglas en les scannant, sans contact. Sans oublier de rendre son formulaire de «Notification de l’état de santé» si on voyage avec Luxair. On peut le télécharger sur leur site ou le récupérer à l’aéroport. Il faut alors répondre à quatre questions: avez-vous été diagnostiqué positif au Covid-19 dans les 14 derniers jours? Avez-vous des symptômes du Covid-19? Avez-vous été en contact étroit avec une personne ayant contracté le Covid-19 dans les 14 derniers jours? Êtes-vous obligé d’être en quarantaine pour des raisons liées au Covid-19, par des régulations locales ou nationales?

Le passager présente son téléphone ou son billet sous le scanner, sans entrer en contact avec l’agent. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le passager présente son téléphone ou son billet sous le scanner, sans entrer en contact avec l’agent. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

«Si on ne rend pas le formulaire complet» ou «si on a répondu oui à l’une des questions», impossible de monter à bord. Luxair vous proposera alors de modifier la date de votre vol sans frais dans les 365 jours. La compagnie ne prend cependant pas la température de ses passagers et compte sur leur honnêteté.

Après avoir fait la queue – toujours à deux mètres les uns des autres – comme d’habitude, on place sa veste, son téléphone et son sac dans une caisse grise en plastique, qu’on récupère après son passage dans le scanner. Une dame installée à l’arrière de la pièce reçoit toutes les boîtes qu’elle désinfecte une par une à la main. Elle se protège d’un masque et de gants épais. «Bien sûr, nous adapterons les capacités au nombre de passagers», dit René Steinhaus. «Nous cherchons à automatiser le nettoyage des caisses et des chariots.»

Une employée nettoie les caisses à la chaîne. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Une employée nettoie les caisses à la chaîne. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Arrive le plus long moment: l’attente avant l’embarquement. Le shopping ne nous aidera pas à patienter aujourd’hui puisque des grilles empêchent l’entrée du duty free et des autres boutiques. «Nous allons ouvrir les magasins petit à petit, avec un service minimum», affirme René Steinhaus.

Notre «gate» vient d’ouvrir, nous allons enfin pouvoir entrer dans l’avion. L’embarquement se fait par petits groupes. Luxair distribue un kit à chaque passager contenant un masque chirurgical, un flacon de gel hydroalcoolique et une lingette désinfectante.

Masque, gel et lingette sont offerts à chaque passager Luxair. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Masque, gel et lingette sont offerts à chaque passager Luxair. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Nous traversons le couloir et entrons dans l’avion, accueillis par des stewards masqués et le vrombissement de l’appareil. La règle de distanciation sociale dont on entend parler depuis notre arrivée semble soudain s’évaporer. On peut maintenant s’asseoir librement les uns à côté des autres, toujours avec un masque. L’équipe promet de répartir au mieux les passagers. Ce qui risque d’être difficile en pratique, car certains avions seront remplis aux alentours de 80% pour la Pentecôte. Ce sont notamment les vols vers le Portugal qui ont le mieux fonctionné .

Le service à bord est réduit. La compagnie fournit des boissons et sandwiches à ses passagers dans de petites boîtes, qu’ils peuvent déguster sur place ou en sortant de l’avion.

Entre chaque vol, Luxair prévoit une désinfection complète de l’intérieur de l’appareil, avec un essuyage complet de toutes les surfaces: fenêtres, tablettes, ceintures de sécurité, etc. L’air dans la cabine se renouvelle toutes les trois minutes grâce à des filtres HEPA.

Une désinfection devra être effectuée entre tous les vols. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Une désinfection devra être effectuée entre tous les vols. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le test et la mise en scène terminés, notre vol fictif est resté cloué au sol. Les véritables départs sont programmés pour ce vendredi, vers l’Allemagne, la Suède et le Portugal . Dès le 13 juin, il sera possible de voyager vers l’Espagne et l’Italie.

«Nous voulons être sûrs de faire atterrir nos clients dans des destinations où les attractions touristiques ont rouvert. Pour LuxairTours, nous ne faisons pas de réservations dans les hôtels dont le restaurant, la piscine ou la plage ne sont pas accessibles», indique Laurent Jossart, vice-président de Luxair Luxembourg Airlines.

La visite touche à sa fin, nous rejoignons donc le hall des arrivées. Ici, la sécurité est poussée à son maximum. Chaque passager recevra un bon pour se faire tester, s’il le souhaite, à l’aéroport ou dans une des 17 autres stations installées dans le pays .

Après avoir récupéré leurs bagages, les passagers à l’arrivée pourront se faire tester au Covid-19. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Après avoir récupéré leurs bagages, les passagers à l’arrivée pourront se faire tester au Covid-19. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Un dispositif et des mesures de sécurité qui ont un coût, que Lux-Airport ne souhaite pas communiquer. Il en est de même pour l’impact de la crise sur l’activité de Luxair et du gestionnaire de l’infrastructure. Il est «énorme», admet René Steinhaus. Le respect des mesures de sécurité est donc crucial en cette reprise, pour ne pas se retrouver, de nouveau, stoppé en plein vol.