POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Présidence tournante

Trois ambitions pour la France à la tête du Conseil de l’UE



La France préside le Conseil de l’Union européenne pour les six prochains mois. (Photo: European Union/Archives)

La France préside le Conseil de l’Union européenne pour les six prochains mois. (Photo: European Union/Archives)

Relance, puissance et sentiment d’appartenance sont au programme des six mois de présidence de la France au Conseil de l’Union européenne, qui a commencé ce 1er janvier. Pour reprendre ce rôle, le Luxembourg devra attendre 2029.

Nouvelle année rime avec nouvelle présidence du Conseil de l’Union européenne. Un rôle endossé par la France depuis le 1er janvier et jusqu’au 30 juin 2022. Elle succède à la Slovénie et sera remplacée, pour la deuxième partie de l’année, par la République tchèque.

En quoi consiste ce poste, qui change de main tous les six mois? «Donner une impulsion aux travaux législatifs du Conseil tout en maintenant la continuité du programme de l’Union européenne et en veillant au déroulement harmonieux du processus législatif et à une bonne coopération entre les États membres», définit le Conseil de l’Union européenne sur son site internet .

Concrètement, le pays en question planifie et préside les sessions du Conseil et les réunions de ses instances préparatoires, mais aussi d’autres formations du Conseil. Il organise d’autres réunions formelles ou informelles. La présidence représente également les intérêts des 27 États membres dans les discussions avec la Commission et le Parlement européens.

Pour rappel, le Conseil de l’Union européenne, Conseil ou Conseil des ministres de l’Union européenne, réunit les ministres des États membres selon leurs domaines de compétences dans dix thématiques, des Affaires étrangères à l’Environnement. Il dispose de compétences législatives et budgétaires, avec le Parlement européen. À différencier du Conseil européen, qui regroupe les chefs d’État des 27 pays, présidé par le Belge Charles Michel et non par la France. De même, l’Eurogroupe reste présidé par le ministre irlandais Paschal Donohoe.

Souveraineté, emploi et innovation

En prenant la présidence, la France donnera cependant son impulsion à l’ordre du jour des différentes réunions. Le pays a ainsi défini un programme autour de trois ambitions: une Europe plus souveraine, par «le renforcement de l’espace Schengen, la protection de ses frontières, la maîtrise des migrations et une politique d’asile améliorée», mais aussi par une Europe «capable d’agir en matière de sécurité et de défense, par son action pour la prospérité et la stabilité de son voisinage, en particulier par son engagement dans les Balkans occidentaux et la refondation de sa relation avec l’Afrique» et par «sa contribution à la réponse aux enjeux globaux», écrit-il sur le site internet qui lui est dédié .

Deuxième objectif: un nouveau modèle européen de croissance. Pour «faire de l’Europe un grand continent de production, de création d’emplois, d’innovation et d’excellence technologique, conciliant développement économique et ambition climatique», qui «propose aux travailleurs des emplois de qualité, qualifiés et mieux rémunérés».

Le dernier point concerne une Europe «humaine, à l’écoute des préoccupations de ses citoyens dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui défend l’État de droit et est fidèle à ses valeurs, fière de sa culture, confiante dans la science et le savoir, déterminée à combattre les discriminations et engagée pour l’avenir de sa jeunesse».

Ces orientations s’inscrivent dans la continuité des travaux de la Présidence slovène et dans un cadre plus large, défini par trio avec les futures présidences tchèque, puis suédoise.

Il s’agit de la 13e présidence de la France. Le Luxembourg avait quant à lui présidé le Conseil pour la 12 e fois entre juillet et décembre 2015 . Il en reprendra les rênes, selon le planning, entre janvier et juin 2029.