POLITIQUE & INSTITUTIONS

Conseil de l’Union européenne

Le Luxembourg unanimement salué pour sa présidence



Pour sa douzième présidence européenne depuis 1952, le Luxembourg est salué par l'ensemble des acteurs européens pour son engagement et ses résultats, dans un contexte difficile. (Photo: Christophe Olinger)

Pour sa douzième présidence européenne depuis 1952, le Luxembourg est salué par l'ensemble des acteurs européens pour son engagement et ses résultats, dans un contexte difficile. (Photo: Christophe Olinger)

Depuis le 1er janvier, les autorités luxembourgeoises ont officiellement cédé les rênes du Conseil de l’UE aux Pays-Bas. L’occasion pour les observateurs européens de saluer l’action menée au cours des six mois écoulés, dans un contexte particulièrement difficile.

En juin dernier, les organisateurs de la douzième présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE estimaient qu’une présidence réussie se mesurerait avec «des articles de presse et des reportages télé qui disent que le Luxembourg a fait du bon travail». En ce début du mois de janvier, le souhait semble devenu réalité. Car si depuis le 1er janvier, les Pays-Bas ont officiellement repris les rênes de la présidence tournante, les commentaires sur l’action luxembourgeoise flirtent avec l’éloge.

«La présidence luxembourgeoise a été particulièrement remarquable et efficace, faisant aboutir nombre de dossiers compliqués», indique sous couvert d’anonymat un diplomate européen expérimenté, cité par Les Échos. Considérée dès le mois de juillet comme «plus compliquée que les autres» par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, cette dernière a vu défiler des problématiques aussi complexes qu’urgentes.

Jean Asselborn, cet «infatigable globe-trotteur»

La crise grecque, l’arrivée massive de réfugiés au sein des 28 puis les conséquences des attentats de Paris ont ainsi abouti à la multiplication des négociations entre États, qu’elles se déroulent dans le cadre de réunions informelles ou sommets extraordinaires. Parmi les accords trouvés sous présidence luxembourgeoise figurent notamment la mise en place d’un contrôle européen aux frontières en Grèce, la création d’un fichier PNR destiné à centraliser les informations sur les voyageurs en avion au sein de l’UE ou la mise en place d’un accord sur les données personnelles, alors que le texte bloquait depuis plus de quatre ans à Bruxelles.

«Le Luxembourg a même poussé sur des domaines (...) comme la lutte contre l’évasion fiscale», précise le diplomate européen qui fait référence à l’accord trouvé sur l’échange automatique d’informations sur les accords fiscaux passés entre États et multinationales. Outre l’engagement de Xavier Bettel, sur le devant de la scène notamment lors de la crise des réfugiés, c’est Jean Asselborn qui récolte le plus l’approbation internationale. Qu’il s’agisse des diplomates ou des observateurs européens. Qualifié sur France Info d’«infatigable globe-trotteur», le ministre des Affaires étrangères a en effet réalisé l’équivalent de quatre tours du monde dans le cadre de ses missions engagées au cours des six mois de présidence.

Cliquez sur les destinations pour visualiser les différentes missions effectuées par Jean Asselborn

Pour expliquer les succès internationaux engrangés, le plurilinguisme, la connaissance des rouages européens et l’attachement aux valeurs de l’UE sont autant d’arguments avancés par les observateurs européens. «Quand un pays est profondément européen, il est forcément plus convaincant pour faire avancer des projets communautaires», estime Charles de Marcilly de la Fondation Robert Schuman, cité par le quotidien économique français. 

Ces mêmes observateurs se disent en revanche nettement moins optimistes quant aux perspectives de la présidence néerlandaise qui devra faire face aux crises qui se poursuivent et dont les priorités ne seraient qu’«un simple catalogue de bonnes intentions illusoires», selon France Info. Au menu, migration, emploi, stabilité financière et énergie. Des objectifs qui pourraient également être perturbés par la situation politique du pays, secoué depuis plusieurs mois par un scandale lié à un baron de la drogue.