POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Prévisions internationales

La nouvelle patronne du FMI affiche son pessimisme



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Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, estime que la guerre commerciale pourrait coûter 700 milliards de dollars à l’économie mondiale. (Photo: Shutterstock)

À quelques jours de l’assemblée générale du FMI, la nouvelle directrice générale, Kristalina Georgieva, estime que la croissance mondiale va reculer à cause de la guerre commerciale lancée par Donald Trump.

Il ne s’agit que d’une mise en bouche. Pour sa première intervention en public, la nouvelle directrice générale du FMI,  Kristalina Georgieva , a dit s’attendre à une baisse de la croissance mondiale pour cette année et en 2020.

Les vrais chiffres ne seront dévoilés que le 15 octobre prochain lors de la grande réunion d’automne du Fonds monétaire international. Mais la nouvelle patronne de l’institution a déjà clairement mis en cause  la guerre commerciale  menée depuis plus d’un an par les États-Unis.

Selon les experts du FMI, ses effets sur la confiance des investisseurs pourraient réduire le PIB mondial de 0,8%, soit 700 milliards de dollars. Kristalina Georgieva craint une réduction de l’activité dans 90% du monde et parle d’un «ralentissement synchronisé». Ce qui n’est jamais bon, puisqu’il n’y aurait plus personne pour tirer la croissance.

La menace de dette des entreprises

Si un ralentissement important venait effectivement à se produire, le FMI voit alors une menace réelle par rapport à l’endettement des entreprises. Selon l’institution, la dette des entreprises exposée au risque de défaut grimperait à 19.000 milliards de dollars, un montant supérieur à celui enregistré lors de la crise de 2008.

De manière préventive, Madame Georgieva en appelle aux pays qui disposent encore de marges budgétaires en leur demandant de «déployer une force de frappe budgétaire» afin d’encourager la demande.

Mario Draghi avait lancé le même message le 12 septembre dernier, lors de l’annonce de nouvelles mesures de soutien à l’économie. Le président de la BCE avait exhorté l’Allemagne et les économies disposant de marges de manœuvre à «agir de manière efficace et rapide».

La Banque mondiale et les vertus de la mondialisation

Octobre est la période des grandes réunions internationales et la Banque mondiale réunira également son assemblée générale la semaine prochaine à Washington.

Sa mission étant essentiellement d’assurer le développement dans le monde, sa chef économiste, Pinelopi Koujianou Goldberg, dans le cadre de la publication de son Rapport sur le développement dans le monde 2020, a insisté sur les bienfaits de la mondialisation pour les pays moins développés.

«Les chaînes de valeur mondiales contribuent considérablement à la croissance en permettant aux entreprises des pays en développement de gagner en productivité et en les aidant à passer de l’exportation de produits de base à l’exportation de produits manufacturés simples», estime la chef économiste.

Les chaînes de valeur mondiales contribuent considérablement à la croissance.

Pinelopi Koujianou Goldberg,  chief economist,  Banque mondiale

Le rapport pointe que la mondialisation, en reflux actuellement suite aux discours protectionnistes, augmente la productivité et la croissance. Une hausse de 1% de la participation aux chaînes de valeur mondiales accroît le revenu par habitant de plus de 1%.

L’essor des chaînes de valeur fait également reculer la pauvreté, estime encore le rapport, parce que les retombées sont plus importantes que celles engendrées par le commerce de produits finis.