POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Partenariat entre le Luxembourg et l’ESA

Un nouveau centre d’innovation de l’espace à 20 millions d’euros



Le ministre de l’Économie Franz Fayot, celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Claude Meisch, ainsi que le CEO et le président du conseil d’administration du List, Thomas Kallstenius et Jacques Lanners, ont présenté un nouveau centre d’innovation en collaboration avec l’Agence spatiale européenne. (Photo: SIP)

Le ministre de l’Économie Franz Fayot, celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Claude Meisch, ainsi que le CEO et le président du conseil d’administration du List, Thomas Kallstenius et Jacques Lanners, ont présenté un nouveau centre d’innovation en collaboration avec l’Agence spatiale européenne. (Photo: SIP)

Les ministres de l’Économie, Franz Fayot, et de la Recherche, Claude Meisch, ont présenté ce mardi un nouveau centre européen d’innovation pour les ressources spatiales. Fruit du partenariat entre l’État et l’Agence spatiale européenne, l’Esric sera doté de 20 millions d’euros pour trois ans.

Comme lui, il est socialiste. Comme lui, il est ministre de l’Économie. Comme lui, il est entouré du même trio spécialisé dans l’espace, Mathias Link et Mario Grotz, du ministère, et Marc Serres, à la tête de l’Agence spatiale luxembourgeoise (LSA). Comme lui, il continue à développer l’écosystème de l’espace au Luxembourg. 

Mais Franz Fayot n’est pas Étienne Schneider . Pas question de faire miroiter des retombées rapides de ce choix politique à court terme. Pas question de mettre en avant 150 sociétés prêtes à s’implanter au Luxembourg sous peu.

Le nouveau ministre de l’Économie est plus mesuré. «On n’arrive à rien si on ne travaille pas tous ensemble», explique-t-il ce mardi matin au ministère, au moment de présenter le nouveau Centre européen d’innovation pour les ressources spatiales, ou Esric.

Du matériel de pointe de l’ESA

Annoncé par l’Agence spatiale luxembourgeoise en octobre 2019 et officialisé un mois plus tard, l’Esric est le fruit d’un accord avec l’Agence spatiale européenne, qui injectera autant que l’État – 8 premiers millions d’euros pour trois ans –, tandis que le Luxembourg Institute of Science and Technology (List) en investira 3 et le Fonds national pour la recherche subventionnera des projets de recherche, en attendant que d’autres partenaires, privés ou publics, ne sonnent au portillon pour être de cette nouvelle aventure.

D’ici trois à cinq ans, ce centre, pour l’instant adossé au département dédié aux matériaux du List, devrait être complètement indépendant.

À ses côtés, comme il était aux côtés d’Étienne Schneider il y a un an pour présenter le premier master interdisciplinaire de l’espace à l’Université du Luxembourg, son collègue de la Recherche, Claude Meisch (DP), se félicite de l’excellence, de la visibilité, des développements économiques qui doivent amener la prospérité de demain au Luxembourg.

Les matériaux du futur prendront du temps

Le CEO du List, Thomas Kallstenius , loue quant à lui la mise en commun des chercheurs et la possibilité d’attirer de nouveaux chercheurs de premier plan, l’infrastructure qui est progressivement mise en place, puisque dans le cadre de ce centre, l’ESA fournira du matériel de pointe dans la recherche liée à l’espace, et les partenariats à venir nés de la présence de 22 pays parfois de premier plan à l’ESA, ou de partenariats de la LSA avec la Nasa, la Chine et les autres, patiemment tissés au nom de la neutralité du pays.

Le Suédois, arrivé en 2019, rappelle avec pertinence que beaucoup des recherches menées sur l’espace ont permis d’apporter de l’innovation dans notre vie de tous les jours, un élément souvent oublié. Car pour le reste, il faudra attendre. Même si le président du conseil d’administration du List, Jacques Lanners , rêve à voix haute de refaire le coup de SES en 1985.

Le centre travaillera sur les matériaux du futur, ceux qui permettront peut-être un jour de construire une station ou des appareils directement dans l’espace, au lieu de vouloir tout emmener et de payer une fortune chaque kilogramme au lancement, ou même seulement de remplir les réservoirs des fusées dans l’espace, pour leur permettre d’aller plus loin ou de revenir sur Terre.

Cela prendra du temps parce qu’aujourd’hui, pour être honnête, on ne sait que peu de choses de ce que les humains peuvent trouver dans l’espace en dehors du fait qu’il y a de l’eau, sous des formes diverses sur la Lune, et que cela devrait permettre d’y installer les stations-service du futur. Quand Elon Musk, Jeff Bezos et les autres nouveaux aventuriers seront prêts à y aller de manière régulière.