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Orbital Ventures

Le «fonds de l’espace» commence avec 70 millions



Les nanosatellites et l’observation de la Terre sont les deux domaines qui génèrent du chiffre d’affaires dans le secteur spatial. Les premiers investissements du fonds de capital-risque, monté avec les Américains de Promus Ventures, devraient aller dans ces secteurs. (Photo: Shutterstock)

Les nanosatellites et l’observation de la Terre sont les deux domaines qui génèrent du chiffre d’affaires dans le secteur spatial. Les premiers investissements du fonds de capital-risque, monté avec les Américains de Promus Ventures, devraient aller dans ces secteurs. (Photo: Shutterstock)

Le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, a présenté jeudi matin les contours du fonds de capital-risque, Orbital Ventures qui aura la charge de soutenir les start-up innovantes dans l’espace. Il a aussi présenté «son» plan 2020-2024… avant de quitter le ministère.

Le secret avait été bien gardé. Le 11 juillet dernier, deux des quatre fondateurs de  Promus Ventures , fonds de capital-risque de Chicago spécialisé dans les deep tech, Mike Collett et Gareth Keane, ont créé une succursale au Luxembourg, Orbital Ventures General Partners.

C’est à partir de cette société qu’est né, le 27 septembre, le fonds d’investissement en capital-risque Orbital Ventures que le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, appelait de ses vœux pour soutenir «des sociétés en phase de démarrage dans le domaine du secteur spatial».

«Le ministre Schneider a confirmé à la commission parlementaire que le fonds avait atteint une clôture initiale avec 70 millions d’euros», indique un communiqué du ministre, ce jeudi matin. 70 millions d’euros apportés par neuf partenaires: l’État, la Spuerkeess, BGL BNP Paribas, la Bil, OHB, Promus Ventures, Post, SES et la SNCI.

Un vétéran avisé de l’investissement

Comme dans l’aventure de la Société européenne de satellite, le ministre a donc «invité» les banquiers de la Place à participer au tour de table, mais aussi des acteurs de l’espace (OHB, SES), ainsi que deux satellites de l’État (Post et la Société nationale de crédit et d’investissement).

Administré par RSM Fund Management, «Orbital Ventures va maintenant commencer à investir dans des start-up dans le domaine des produits et services relevant de la haute technologie spatiale. Afin d’offrir un rendement aux investisseurs, le fonds privilégiera les entreprises innovantes ayant des produits ou des services générant déjà des revenus ou prêts à le faire à court terme», assure le communiqué. Autrement dit, pour l’instant, plutôt dans des sociétés centrées sur le secteur de l’observation de la Terre, les seules à vraiment générer du chiffre d’affaires, comme les satellites de petite taille.

Ex-investment manager de Qualcomm Ventures d’août 2012 à mai 2018, le Canadien Gareth Keane connaît bien à la fois les questions d’investissement et d’espace, puisqu’il a notamment participé à la série B (40 millions de dollars au total) de Spire Global en juillet 2015, la «next billion company» selon Forbes, établie au Luxembourg et dirigée par Peter Platzer.

Promus Ventures, qui a mis des tickets dans plus d’une cinquantaine de sociétés, généralement à un stade très précoce, est loin d’être une inconnue au Luxembourg.  Elle fait par exemple partie du tour de table de la fintech berlinoise CrossLend , en 2017, au côté du Luxembourg Future Fund (Banque européenne d’investissement et SNCI).

Près de 200 millions d’euros de contribution

Au cours de la réunion de cette commission, et à quelques jours de quitter son ministère, Étienne Schneider a aussi présenté son plan stratégique pour les cinq prochaines années (2020-2024), qui prévoit près de 200 millions de contributions.

- La ligne stratégique 5G sera vitale pour l’avenir des télécommunications spatiales et déterminante dans la transition vers le numérique. En effet, l’avènement de la 5G en tant que nouvelle norme applicable à la prochaine génération de télécommunications mobiles favorise la création d’un réseau associant différentes technologies: terrestre cellulaire, wifi et satellite. Cette ligne stratégique va s’employer à ce que les réseaux satellitaires soient pleinement pris en compte dans la définition de la norme 5G.

- La ligne stratégique 4S permet de préparer l’industrie et les opérateurs au futur programme EU GovSatCom de l’Union européenne, mais également, de manière plus globale, au marché commercial des télécommunications par satellite sécurisées.

- La ligne stratégique Télécommunications optiques, ScyLight, se place dans la continuité du projet Quartz et vise à atteindre l’excellence industrielle et la domination du marché des télécommunications optiques spatiales qui permettent d’atteindre des performances inédites en matière de débit de transmission, de sécurité et de résilience des données.

- Le Luxembourg a également rejoint pour la première fois le programme d’exploration robotique et humaine afin de soutenir l’initiative Spaceresources.lu et d’associer l’ESA à cette dernière, notamment pour le volet du développement des activités sur la Lune. La participation dans le volet lunaire du programme E3P et dans le centre d’innovation européen pour les ressources spatiales permettra ainsi de supporter les projets de recherche et de développement des entreprises et des laboratoires de recherche luxembourgeois en les intégrant dans des projets à échelle européenne.

- En ce qui concerne l’exploration des astéroïdes, le Luxembourg soutiendra également les missions Hera (Juventas) et M-Argo. L’objectif du CubeSat Juventas sera de caractériser l’astéroïde binaire Didymos et sa lune. Ceci permettra de développer une compétence mission «deep space» et une compétence radar basse fréquence au Luxembourg. Le Luxembourg pourra également bénéficier des données acquises par Juventas, afin notamment d’alimenter la base de données du centre d’innovation pour les ressources spatiales. À la différence de Juventas qui voyagera avec la mission Hera, M-Argo a pour vocation de développer les technologies critiques qui permettront à un CubeSat de rejoindre le «deep space» et d’assurer le rendez-vous avec un astéroïde de façon complètement autonome.