POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

satellite

Non à une commission d’enquête Luxeosys



Pour les députés de la majorité, le débat est clos. (Photo: Archives Maison Moderne)

Pour les députés de la majorité, le débat est clos. (Photo: Archives Maison Moderne)

Le satellite militaire Luxeosys, qui devait initialement coûter 170 millions d’euros, sera finalement facturé 309 millions. La rallonge budgétaire a été acceptée. Les partis d’opposition souhaitaient une commission d’enquête, mais leur proposition a été rejetée.

Le projet de satellite étatique d’observation terrestre Luxeosys (Luxembourg Earth Observation System) a été mis sur orbite par Étienne Schneider (LSAP), ancien ministre de la Défense, en août 2018 dans le cadre des obligations du Luxembourg envers l’Otan. L’explosion du budget nécessaire est maintenant un fameux caillou dans la chaussure de  François Bausch (Déi Greng), son successeur. Un successeur qui ne remet pas le projet en cause, mais dont les tergiversations face au volet financier ont suscité les interrogations des députés.

Avec une interrogation centrale: y a-t-il eu prévarication ou favoritisme dans ce projet? Auditionné, Étienne Schneider a défendu sa politique selon laquelle les engagements internationaux doivent profiter au tissu économique local. Et a plaidé que, dans ce type de dossiers, les frais de fonctionnement ne sont pas pris en compte.

Erreur, négligence coupable ou pire? Après plusieurs auditions des responsables concernés, à savoir les deux ministres et l’armée, on n’en sait toujours pas plus. Un rapport parlementaire préliminaire rédigé par Diane Adehm (CSV) et Guy Arendt (DP) pour le compte de la commission du contrôle de l’exécution budgétaire n’a pu établir les responsabilités. Tout juste quelques recommandations qui, en creux, relèvent un certain laxisme dans la gestion du projet et dans son contrôle. Un rapport annexé au projet de loi 7542 autorisant une rallonge de 139 millions d’euros pour assurer l’exploitation du satellite d’observation.

Insuffisant pour l’opposition (CSV, Piratepartei, Déi Lénk, ADR), qui a demandé ce jeudi qu’une commission d’enquête soit votée.

Ce qu’a refusé la coalition gouvernementale (DP, LSAP, Déi Gréng) qui a par contre voté la rallonge, et donc le lancement du satellite.