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Luxeosys: l’armée n’était pas informée en détail



Un projet de loi doit permettre une rallonge budgétaire pour le coût du projet qui a doublé. (Photo: Shutterstock)

Un projet de loi doit permettre une rallonge budgétaire pour le coût du projet qui a doublé. (Photo: Shutterstock)

Le dossier Luxeosys, du nom de ce satellite militaire, a été à nouveau évoqué en commission du contrôle de l’exécution budgétaire de la Chambre. Le général Duschène a indiqué que l’armée n’avait pas été informée d’une série de points concernant notamment les infrastructures.

L’augmentation des coûts du projet satellitaire militaire Luxeosys, passés de 170 à 309 millions , continue à intriguer les députés et est revenu ce lundi en commission du contrôle budgétaire de la Chambre. C’est le général Duschène, chef de corps de l’armée, qui était invité à répondre aux questions des députés.

Et ses déclarations ont été en partie une surprise. Certains députés relèvent en effet qu’elles sont en contradiction avec celles faites jusqu’à aujourd’hui par d’autres intervenants de la Défense. «L’armée n’a pas été informée en détail par la direction de la Défense sur un ensemble de points qui concernent les infrastructures et les formations nécessaires à l’opération du futur satellite d’observation Naos dans le cadre du projet Luxeosys», a ainsi indiqué le général, qui partira sous peu en retraite. Au mieux, des informations ont-elles été données de façon sommaire?

Infrastructures et formations

Interrogé sur sa vision des études réalisées pour une éventuelle implémentation des antennes nécessaires au fonctionnement des systèmes du satellite sur le Herrenberg à Diekirch, le général Alain Duschène a livré une chronologie précise des faits. Il a aussi justifié une conclusion à l’accent négatif liée à des difficultés pour l’implantation des socles, au manque de place pour l’espacement de 70m nécessaire entre les antennes et aux interférences avec les activités d’opération de drones sur le site. C’est finalement le site belge de Redu qui a été choisi.

Les formations des militaires pour exploiter les images produites par le satellite ont été l’autre grand axe de la discussion. Sur ce volet, les membres de la commission voulaient savoir si la formation des militaires aurait pu se faire sur une période de six mois, comme l’avait expliqué un responsable du ministère de la Défense lors d’une entrevue préalable avec les parlementaires. Le général a souligné que les militaires auraient besoin d’une formation basique préalable. Ce n’est que par après qu’une formation spécifique pourrait être envisagée. D’ailleurs, il faudrait, selon Alain Duschène, en premier lieu, trouver des candidats intéressés par ce type de poste. 

Les députés se sont globalement montrés surpris par les déclarations du chef d’état-major, notamment par ce qu’elles tendent à révéler sur l’état du dialogue entre la direction de la Défense et l’armée. Certains députés de l’opposition ont une nouvelle fois fait part de leur incompréhension sur la façon dont ce dossier a été mené.