POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Pandémie

Mieux vaut tracer que guérir



Xavier Bettel: «Le contact tracing est essentiel pour éviter que trop de chaînes infectieuses s’installent et éviter le scénario d’une deuxième vague.» (Photo: Shutterstock)

Xavier Bettel: «Le contact tracing est essentiel pour éviter que trop de chaînes infectieuses s’installent et éviter le scénario d’une deuxième vague.» (Photo: Shutterstock)

Face au risque d’une deuxième vague de coronavirus, le professeur Paul Wilmes appelle aux applications de traçage.

La courbe s’est certes aplatie, mais l’épidémie de coronavirus est loin d’être terminée, souligne le porte-parole adjoint de la Covid-19 taskforce, le professeur Paul Wilmes.

«Il faut se donner les moyens d’éviter la deuxième vague», martèle-t-il sous son masque FFP2.

Sa solution? Isoler les patients positifs ainsi que les personnes avec lesquels ils ont interagi. «Le contact tracing est essentiel pour éviter que trop de chaînes infectieuses s’installent et éviter le scénario d’une deuxième vague», assure le scientifique alors que le Premier ministre Xavier Bettel (DP) s’est déjà prononcé contre ces applications de traçage des porteurs du coronavirus.

Mais à côté des personnes activement infectées par le Covid-19 se trouvent les patients asymptomatiques. Dans l’étude «CON-VINCE» lancée début avril au Luxembourg, ils représentent 0,3% de l’échantillon, mais à l’échelle de la population résidente, leur nombre atteint 1.450 personnes alors que près de 3.900 porteurs du virus sont à ce jour diagnostiqués.

«Il faut se rendre compte qu’on a ce taux très élevé de gens infectieux et qui pourraient déclencher une deuxième vague», souligne Paul Wilmes, «Et c’est pour cela qu’il faut se donner les moyens d’éviter la deuxième vague.»

Déconfinés, mais toujours distants

Quant aux mesures de déconfinement qui entrent en vigueur lundi 11 mai, l’expert insiste sur le maintien du respect des 2 mètres de distanciation sociale et le port du masque.

Comment alors imaginer un retour à certaines activités, comme prendre un repas au restaurant? «En Suisse, par exemple, il existe une règlementation pour garantir la distance. Je pense que c’est aussi quelque chose qu’on devrait regarder au Luxembourg. Et puis, les restaurants sont différents des cafés et discothèques où l’interaction est plus proche», pointe Paul Wilmes.

Il se montre également dubitatif sur la tenue de grands concerts ou de festivals d’été où le respect des deux mètres d’écart semble difficile, si pas impossible.

Quoi qu’il en soit, des informations sur la diffusion de la pandémie font toujours défaut aujourd’hui, et c’est bien là la mission de la taskforce. «Il faut élargir l’échantillon pour vraiment identifier les cas positifs et les isoler. En les isolant, on est à même d’éviter une propagation de l’infection dans la population».

Les 20.000 tests quotidiens annoncés par le gouvernement dès le 19 mai ne seront donc pas du luxe.