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Pandémie

Les masques restent rares



Le Luxembourg officialise l’autorisation du port du masque comme geste barrière contre le coronavirus. (Photo: Shutterstock)

Le Luxembourg officialise l’autorisation du port du masque comme geste barrière contre le coronavirus. (Photo: Shutterstock)

Le gouvernement autorise le port du masque sur l’espace public. Mais la demande ne faiblit pas en période de Covid-19, et les pharmacies ont peu de visibilité sur leurs stocks.

Le gouvernement a autorisé officiellement le port du masque au Luxembourg comme geste barrière contre le Covid-19. Il était jusqu’alors réservé au personnel soignant. Son port dans l’espace public pouvait même être considéré comme une infraction à cause de l’interdiction de dissimulation du visage dans certaines communes, dont la capitale.

Déjà en rupture dans plusieurs pharmacies au début de la crise , seront-ils suffisants pour protéger tout le monde? Ce n’est pas si sûr…

150 masques vendus en une matinée

«J’en ai reçu hier, mais ça part très vite. Je ne sais pas combien de temps mon stock va durer. Je dois passer une nouvelle commande», témoigne Claudine Lemmer, pharmacienne titulaire de l’officine Place de Strasbourg à Luxembourg, au sujet des masques chirurgicaux. Sans préciser combien, elle ajoute qu’il s’agit d’une «petite quantité». Elle a aussi reçu quelques masques FFP2 avant-hier, mais tous étaient déjà réservés. Pour éviter les ruptures de stock, la pharmacie ne distribue pas plus de cinq masques par personne.

Un peu plus loin dans la ville haute, à la Pharmacie Stumper, même combat. «Nous avons reçu des masques aujourd’hui, mais nous n’en avions pas eu pendant deux ou trois semaines», raconte la pharmacienne Charline Bernardy. Sur 300 masques, la moitié est déjà partie en une matinée. Ici non plus, on ne sait pas quand arrivera la prochaine commande. Les quantités sont limitées à environ 20 masques par client.

Des prix qui augmentent

Les officines font aussi face à une hausse des prix de la part des fournisseurs, pour la plupart chinois. «Avant, cinq masques nous coûtaient 1,50 euro. Maintenant c’est 5,80 euros», pointe Charline Bernardy.

À la Pharmacie du Parc à Differdange, le masque est vendu 1,50 euro, contre «quelques centimes» avant la crise du Covid-19, selon l’un de ses pharmaciens. L’officine a été dévalisée. Sur 500 masques chirurgicaux reçus la veille, il n’en reste plus qu’une vingtaine le lendemain en fin de matinée. Cela fait une semaine qu’ils attendent une autre commande de masques FFP2. Ils ne savent pas non plus quand ils recevront de nouveaux masques chirurgicaux.

Privilégier les masques alternatifs

Au Luxembourg, «nous avons encore des masques, mais pas énormément», résume Yves Mischo, secrétaire adjoint du Syndicat des pharmaciens luxembourgeois. «Pratiquement tout vient de Chine, et ce n’est pas évident de savoir si cela va arriver ou non. Je ne sais pas si cela va suivre au niveau des grossistes», s’inquiète-t-il. «Quand on en a, cela part relativement vite, nous ne tenons pas des semaines.»

Lui-même pharmacien, il ne constate pas de nouvel afflux après les annonces du gouvernement et n’en prévoit pas forcément. «La demande était déjà grande», explique-t-il.

Le gouvernement rappelle que les masques chirurgicaux et respiratoires FFP2 sont réservés, en priorité, au personnel médical. Il recommande l’usage de masques «alternatifs», qui peuvent être faits maison en tissu par exemple.