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Les stocks de masques et de gels hydroalcooliques diminuent



Dans de nombreuses pharmacies, les gels hydroalcooliques commencent à manquer. (Photo: Shutterstock)

Dans de nombreuses pharmacies, les gels hydroalcooliques commencent à manquer. (Photo: Shutterstock)

Certaines pharmacies souffrent déjà d’une pénurie de masques et de gels hydroalcooliques, tandis que le gouvernement tente de réguler les stocks dans les hôpitaux. Les professionnels dénoncent un «effet panique».

Les clients font la queue dans une pharmacie du centre-ville de Luxembourg. L’un d’eux demande: «Est-ce qu’il vous reste des masques?». «Non, plus du tout», répond Nicolaj Svendsen, assistant pharmacien. La semaine dernière, l’officine a reçu 3.000 masques FFP2 (recommandé au personnel soignant pour se protéger du coronavirus). «Nous avons tout vendu dans la journée», explique l’assistant. Certains clients en avaient même réservé.  Un effet direct de l’épidémie de coronavirus qui se répand en Europe.

Une demande qui explose

Après les masques, c’est maintenant les gels hydroalcooliques qui font défaut. Dans cette même pharmacie, il ne reste que des produits bactéricides, et plus de virucides. «Normalement, c’est quelque chose que nous pouvions avoir le jour même. Là, nous les avons commandés il y a une semaine, et ne les avons pas encore reçus», explique-t-il encore, sans savoir quand ils arriveront.

Même son de cloche dans un établissement voisin. «Nous avons reçu 120 gels aujourd’hui, la moitié du stock est partie en trois heures», raconte le pharmacien, qui préfère rester anonyme. «Habituellement, nous en vendons entre 20 et 30 par mois.»

Pour remédier à cette pénurie, l’officine a commencé à produire ses propres solutions hydroalcooliques,  en suivant un protocole validé par l’Organisation mondiale de la santé . Soit une vingtaine de flacons qui devraient être en vente dans la semaine. Quant aux masques, «cela fait longtemps que nous n’en avons plus», complète le pharmacien. Les 100 derniers commandés en janvier sont partis dans la matinée. Il a fallu limiter les ventes à une boîte par personne, soit 20 masques, face à des clients qui réclamaient tout le stock.

Le Luxembourg participe au «Joint Procurement» européen

Pourtant, le port du masque «n’a de sens que dans les hôpitaux où sont soignés les patients contaminés par le coronavirus ainsi que dans les laboratoires», rappelle le ministère de la Santé sur son site internet.

Dans une réponse à une question parlementaire,  Paulette Lenert  (LSAP), ministre de la Santé, se veut rassurante en ce qui concerne le matériel destiné aux services de soin: «Il n’existe actuellement pas de rupture de stock pour les masques de protection au Luxembourg, même si les masques ne sont plus disponibles en vente libre dans les officines de pharmacie. En effet, le Luxembourg dispose d’un stock national qui est réservé – comme le recommande l’OMS – aux professionnels de santé et aux personnes infectées ou suspectes d’infection.»

Mais, explique encore la ministre, des problèmes pourraient survenir si l’épidémie venait à s’intensifier. «Le ministère de la Santé reste concerné par un risque de manque de masques dans les structures de soins (hôpitaux, soins primaires…) au Luxembourg si l’épidémie continue pendant plusieurs mois, et envisage de fournir au besoin ces structures de soins à partir de son stock national. Afin de pouvoir assurer cette fourniture, le Luxembourg vient de participer à un effort de ‘Joint Procurement’ qui constitue un mécanisme d’acquisition de matériel au niveau de la Commission européenne.»

Des stocks suffisants dans les hôpitaux

Les hôpitaux gardent donc leur calme. «Pour le moment, nous avons les stocks, tout est sous surveillance», informe le Centre hospitalier de Luxembourg (CHL), hôpital du pays accrédité pour traiter les cas de Covid-19. «À l’heure actuelle, le stock local, régional et national est assuré», ajoute de son côté le Centre hospitalier du nord (CHDN), qui ne communique pas non plus de chiffres précis.

Le docteur Hansjörg Reimer, directeur du Centre hospitalier Émile Mayrisch (Chem) relativise également: «Nous savons que cela pourrait devenir un problème s’il y avait plus de cas à traiter, mais nous avons une bonne réserve.» Aucun investissement additionnel n’a été effectué pour acquérir du stock supplémentaire. L’établissement a simplement isolé quatre chambres «pour que la climatisation ne transmette pas les germes», détaille-t-il. Elles sont réservées aux patients qui présentent les symptômes du Covid-19 dans l’attente d’un diagnostic. Deux ont été testés au Chem, avec des résultats négatifs.

Un hôpital contacté par Paperjam note cependant des problèmes de masques qui «disparaissent sans raison», ce qu’il explique par un «effet panique».