POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Incidents samedi à Luxembourg

Le rassemblement au Glacis n’était pas autorisé



Une manifestation autorisée a eu lieu à la Kinnekswiss, mais parallèlement, un rassemblement qui n’avait pas d’autorisation préalable de la Ville de Luxembourg s’est formé au Glacis, ce samedi 4 décembre. (Photo: Nader Ghavami/archives)

Une manifestation autorisée a eu lieu à la Kinnekswiss, mais parallèlement, un rassemblement qui n’avait pas d’autorisation préalable de la Ville de Luxembourg s’est formé au Glacis, ce samedi 4 décembre. (Photo: Nader Ghavami/archives)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, et des représentants de la police grand-ducale ont donné quelques explications en commission de la Chambre, ce mardi 7 décembre, sur les incidents survenus samedi dernier, en marge d’une manifestation contre les mesures sanitaires.

Les événements qui ont eu lieu à Luxembourg-ville ce samedi 4 décembre lors d’une manifestation contre les mesures Covid continuent d’alimenter les débats. Les partis politiques y vont de leur commentaire et le Premier ministre Xavier Bettel (DP) est au cœur d’une déclaration gouvernementale devant la Chambre des députés ce mardi 7 décembre dans l’après-midi à ce sujet. Celle-ci sera suivie d’un débat.

En amont de cette séance publique, le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox (déi Gréng) et des représentants de la police ont donné des explications, ce mardi matin, aux membres de la commission de la Sécurité intérieure, sur les incidents survenus le week-end dernier. «La police met surtout l’accent sur la désescalade, mais elle n’hésitera pas à intervenir au cas où un danger existerait pour des personnes», ont-ils notamment précisé.

Ils ont également donné plus de détails sur le déroulement des faits, à savoir qu’une manifestation autorisée avait eu lieu à la Kinnekswiss. Mais que parallèlement, un rassemblement qui n’avait pas d’autorisation préalable de la Ville de Luxembourg, et qui s’était formé suite à divers appels lancés sur les réseaux sociaux, s’était constitué au Glacis. La police aurait suivi ces appels de près et aurait adapté son dispositif en vue du rassemblement. «Après la fusion des deux groupes, des groupes séparés de la masse (‘Splittergruppen’, ndlr) se sont déplacés vers le centre de la ville et vers les habitations du Premier ministre Xavier Bettel et de la ministre de la Famille Corinne Cahen , selon les explications données aux députés. Ces groupes auraient provoqué les incidents», est-il précisé sur le site de la Chambre.

La police désormais «mieux préparée»

Henri Kox et les responsables de la police ont ajouté que, vu les nouveaux appels lancés pour le week-end prochain, la police serait «désormais mieux équipée et préparée pour faire face à d’éventuels incidents», sans pour autant donner de précisions sur la tactique et les effectifs mis en place. Actuellement, des préparatifs seraient en cours.

Interrogé par Paperjam, le service de communication de la police n’a pas donné plus de détails quant aux effectifs mobilisés. «Comme pour toute manifestation majeure, une évaluation des risques est effectuée au préalable. En fonction de celle-ci, le dispositif policier est défini. Par principe, nous ne commentons jamais les effectifs de police ni la composition de ceux-ci», a-t-il été répondu par mail.

La majorité des questions des députés ce mardi matin tournaient autour de la gestion policière. Comment éviter de tels événements? Les représentants de la police ont souligné que, contrairement à d’autres manifestations, la police n’avait pas d’interlocuteur dans le cas du rassemblement de samedi dernier. «Ainsi, elle n’a pas pu intervenir de manière proactive, comme c’est le cas lors d’une manifestation avec un cortège organisé et prédéfini.» Est-ce que les instances telles que la commune auraient pu être informées plus tôt? Est-ce que la police a connaissance du fait que des personnes se sont expressément déplacées des pays limitrophes au Luxembourg pour participer aux incidents? En ce qui concerne le profil des personnes participant aux événements, Henri Kox a souligné que cette question fait actuellement l’objet d’une enquête. Un autre député a regretté que les bodycams ne soient pas encore opérationnelles au Luxembourg.