POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Après la manifestation de samedi à Luxembourg

L’ADR dénonce aussi les incidents du week-end



Fernand Kartheiser et Roy Reding, sur cette photo, en plus de Jean Schoos (non présent sur la photo), réagissent aux incidents du week-end. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/archives)

Fernand Kartheiser et Roy Reding, sur cette photo, en plus de Jean Schoos (non présent sur la photo), réagissent aux incidents du week-end. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/archives)

Après les autres partis politiques qui avaient déjà réagi, l’ADR condamne à son tour les incidents de samedi, lors de la manifestation contre les restrictions sanitaires. Le parti renvoie à la sphère personnelle les prises de position du député Roy Reding au sujet du Covid-19. Il se défend d’avoir jeté de l’huile sur le feu.

DP, LSAP, déi Gréng, CSV, déi Lénk, Piraten: la classe politique s’est déjà largement et rapidement prononcée ce week-end pour dénoncer les violences qui ont eu lieu samedi , au moment de la manifestation contre les mesures sanitaires. L’ADR était resté discret jusqu’ici.

Interrogé par Paperjam, le parti se joint aux autres: «Nous condamnons fermement ce qui s’est passé. Sans oublier de dire que le droit de manifester est un droit fondamental. Il faut laisser cette possibilité aux 95% des gens qui expriment leur mépris vis-à-vis du gouvernement ou des mesures de manière pacifiste», commente Jean Schoos , son président.

Contactée, la police grand-ducale n’a pas encore fourni de chiffres à Paperjam sur la part de manifestants impliqués dans les dégradations devant le domicile du Premier ministre, ou encore l’entrée en force au marché de Noël. Jean Schoos qualifie ces faits d’«intolérables et injustifiables». De même pour le chef de fraction du parti à la Chambre des députés, Fernand Kartheiser . Il fait état d’«une manifestation devant la maison d’un homme politique, l’introduction au marché de Noël, le non-respect d’un monument national, une comparaison historique non juste», dont la condamnation fait l’unanimité d’un point de vue politique, «ce qui inclut l’ADR». Il ajoute que la préparation de la police n’était «pas suffisante. Le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox (déi Gréng) devra répondre politiquement.»

Un débat a été demandé à ce sujet à la Chambre des députés mardi matin.

L’ADR pour la vaccination, contre l’obligation

Que pense le parti des prises de position de son député Roy Reding , pointé du doigt par certains pour avoir jeté de l’huile sur le feu? Notamment en ayant ironisé sur le variant Omicron sur ses réseaux sociaux. Après avoir confirmé à un journaliste du Tageblatt faire partie du groupe «NëtgepicktLU2.0» sur la messagerie Telegram, le député avait aussi publié sa demande, avec ses coordonnées, sur le groupe. Plusieurs membres ont alors harcelé le journaliste en question.

Le parti n’a «pas de position officielle» à ce sujet, déclare Jean Schoos. Ce dernier évoque une «affaire personnelle». Sur le vaccin, Fernand Kartheiser et lui mettent en avant une «opinion personnelle» également. «Le parti est pour la vaccination, de manière claire et nette, mais sur une base volontaire», complète Jean Schoos.

Issu du monde médical, il trouve le  système 2G pour certains loisirs (vaccinés ou guéris uniquement) «assez sec envers les non-vaccinés, sachant qu’il faut trouver la possibilité pour tous de se faire vacciner dans un court laps de temps», en référence aux longues files d’attente devant les centres de vaccination . Dans ce cas-là, une restriction sur la vie sociale «non essentielle est compréhensible, même si ce ne serait pas ma politique personnelle», juge Jean Schoos. Lui serait «resté sur un système de 3G». «Le risque n’est pas plus grand de s’infecter au restaurant que dans un tram bondé le samedi avant Noël.»

Roy Reding évoque la liberté de choix

Roy Reding estime ne «pas du tout» mettre d’huile sur le feu avec ses publications. «Je défends mes opinions, ce qui est mon choix personnel, et celui politique de mon parti, qui n’a voté pour aucune loi Covid.» Il plaide pour «la liberté du choix». Lui a fait celui de ne pas se faire vacciner. «Avec mon médecin, j’ai fait l’analyse des effets positifs et négatifs et en suis venu à la conclusion que je ne préférais pas m’exposer aux possibles effets négatifs», justifie-t-il. «C’est un choix personnel. J’ai beaucoup d’amis vaccinés, non-vaccinés, d’autres qui hésitent. Je ne suis pas le prêcheur anti-vaccin.»

Il condamne lui aussi les incidents de samedi. Tout en saluant la manifestation en elle-même, qui a réuni des milliers de personnes contre les mesures sanitaires. «Dans les manifestations, vous avez toujours des casseurs, dans tous les pays, c’est regrettable.» Son agenda ne lui a pas permis d’être présent, sinon, il affirme qu’il aurait fait partie des marcheurs pacifistes. S’il est moins chargé samedi prochain et en bonne santé, il prévoit d’y participer. L’avocat M e Mario Di Stefano s’était déjà exprimé pour Paperjam sur les limites à la liberté d’expression concernant le Covid-19 sur les réseaux sociaux dès lors que l’on sort de la critique des mesures.