ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

CARTE BLANCHE

«Le low-code, un accélérateur de la digitalisation»


Retour au dossier

Plus que jamais, la transformation digitale est sur toutes les lèvres. Avec la crise, les entreprises de tous les secteurs ont eu à déployer rapidement des solutions et applications digitales. Parmi les solutions mises en œuvre, les plateformes low-code suscitent un intérêt grandissant.

Ces dernières années ont vu les responsables de programmes digitaux mettre de plus en plus d’attention sur les moyens d’accélérer leur transformation. La pandémie n’a fait qu’accentuer ce mouvement. Dans ce contexte, les plateformes low-code ont suscité l’intérêt et ont montré leur utilité, mais elles ont aussi soulevé un ensemble de questions liées à leur potentiel et cas d’usage.

Cette approche offre la possibilité à des profils fonctionnels ou utilisateurs métier de construire des applications sans recourir à de l’expertise technique pointue.
Ronan Vander Elst

Ronan Vander Elst,  Consulting – Digital & Technology Leader,  Deloitte Luxembourg

Des plateformes jugées abordables

En quoi consistent ces plateformes low-code? «Cette technologie assez récente permet de développer des applications d’une manière plus abordable qu’auparavant. Cette approche offre la possibilité à des profils fonctionnels ou utilisateurs métier de construire des applications sans recourir à de l’expertise technique pointue. Il s’agit de configurer et d’assembler des briques (sources de données, composants d’écran, etc.) plutôt que d’écrire des lignes de code», précise Ronan Vander Elst, Partner et Digital & Technology Leader chez Deloitte Luxembourg.

Si certaines plateformes sont plus sophistiquées et évoluées que d’autres, tout type d’entreprise peut y recourir. En effet, une formation technique poussée n’est pas nécessaire pour les utiliser, l’essentiel étant de disposer des compétences d’analyse fonctionnelle et des fondations méthodologiques d’un projet de digitalisation.

Au sein d’une même entreprise, plusieurs départements peuvent se tourner vers ces plateformes. Le département Finance peut, par exemple, les utiliser pour automatiser le traitement des factures fournisseur; le département Vente, pour l’automatisation du processus d’établissement d’un devis; ou encore le service Clientèle, pour faciliter les interventions des agents sur le terrain. «Chaque département peut concevoir ses applications, mais il est important de n’avoir qu’une seule plateforme pour la société.»  

Des gains rapidement observés

Le succès de ces plateformes s’explique aussi par leurs nombreux avantages, à commencer par les résultats rapides qu’elles rendent possibles. «C’est un développement progressif, itératif et agile. En assemblant les briques, nous obtenons une première application qui fonctionne rapidement et que nous pouvons faire évoluer directement.»

Conçues «as a service», ces plateformes peuvent être hébergées sur le cloud et n’exigent pas de l’entreprise d’en maintenir elle-même l’infrastructure. Elles sont en outre axées sur des API et microservices, favorisant de cette manière une approche modulaire.

Un autre avantage, et non des moindres, concerne la possibilité de publier rapidement les applications développées grâce à ces plateformes sur l’Apple Store et l’Android Store, et d’en faire un site web. Elles peuvent également être utilisées et connectées avec d’autres applications disponibles sur leur propre App Store. Enfin, les versions les plus abouties de ces plateformes sont construites dans une optique de développement continu, automatisé, ce qui permet donc de gagner du temps et fluidifier encore davantage les projets.

Grâce à ses atouts, le low-code attire le business, tout comme l’IT. «Cela permet au premier de disposer d’applications beaucoup plus rapidement, et au second, de contrôler les applications qui échappaient à sa gestion (Shadow IT) et créaient des risques parfois importants.»

Nous pouvons utiliser ces plateformes lorsque 90% des fonctionnalités peuvent être couvertes avec les composants standards de la plateforme, ou lorsqu’aucun package n’est disponible facilement.
Ronan Vander Elst

Ronan Vander Elst,  Consulting – Digital & Technology Leader,  Deloitte Luxembourg

Privilégier cette solution quand cela est nécessaire

Cette solution particulièrement intéressante n’offre toutefois pas une réponse à tous les besoins. «Nous pouvons utiliser ces plateformes lorsque 90% des fonctionnalités peuvent être couvertes avec les composants standards de la plateforme, ou lorsqu’aucun package n’est disponible facilement. Si le taux de couverture est trop bas et qu’il est nécessaire de refaire du code dans ce type de plateforme, mieux vaut se poser la question de son utilisation.» Il n’est dès lors pas rare que les sociétés adoptent un modèle hybride, avec une combinaison de package et de low-code.

Si les plateformes low-code réduisent les problèmes de disponibilité des compétences ou de durée de projet, il est important de faire attention à ne pas utiliser celles-ci de manière systématique pour concevoir n’importe quelle application. «Il faut à chaque fois se poser la question. Les packages sont encore la bonne solution dans la très grande majorité des cas. Pour garantir cela, il faut soit mettre en place de la gouvernance, soit agir sur la culture d’entreprise pour que les collaborateurs soient capables de prendre la bonne décision.»