ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Sidérurgie

Les salaires d’avril seront payés chez Liberty Steel



La direction dudelangeoise étudie un business plan à court terme envisageant d’intégrer un schéma d’approvisionnement partiel par les sites de Liberty Steel à Skopje (Macédoine du Nord) et Piombino (en Italie).  (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne/Archives)

La direction dudelangeoise étudie un business plan à court terme envisageant d’intégrer un schéma d’approvisionnement partiel par les sites de Liberty Steel à Skopje (Macédoine du Nord) et Piombino (en Italie). (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne/Archives)

Suite à la décision du tribunal de Liège de liquider les sites de production de Liberty Steel en bord de Meuse, les syndicats luxembourgeois ont demandé des éclaircissements sur la situation financière de Liberty Steel à Dudelange.

Mercredi 20 avril, lors d’une réunion entre les syndicats (LCGB et OGBL) et la direction de l’usine de Dudelange, le sidérurgiste a assuré «sans hésitation» pouvoir payer les salaires des ouvriers pour le mois d’avril. Le total des rémunérations mensuelles de l’ensemble du personnel du site est d’environ un million d’euros.

Depuis la mise en liquidation des deux sites de production de Liberty Steel à Liège , l’inquiétude est de mise pour l’avenir de l’usine à Dudelange, d’autant plus que la production est quasiment à l’arrêt.

En décembre 2020, Liberty Steel avait obtenu un prêt garanti à 80% par l’État dans le cadre des aides Covid-19 pour un montant de 17 millions d’euros. Selon nos informations, l’argent a été utilisé pour les salaires, les fournitures et l’achat de matières premières. On notera que l’entité liégeoise du sidérurgiste doit encore entre 15 et 17 millions d’euros à l’entité luxembourgeoise.

Sans les sites liégeois, l’usine de Dudelange ne peut pas être rentable en l’état actuel des choses au sein du groupe Liberty Steel. L’approvisionnement venant de Liège, l’acier produit à Dudelange était ensuite à nouveau expédié à Liège pour être vendu. La facturation était donc faite à Liège avant de reverser les montants au Luxembourg.

En avril, l’usine de Dudelange n’a rien produit et les syndicats craignent de constater la même chose le mois prochain.

Le gouvernement prêt à réagir

Selon des sources syndicales, la direction dudelangeoise étudie un business plan à court terme envisageant d’intégrer un schéma d’approvisionnement partiel par les sites de Liberty Steel à Skopje (Macédoine du Nord) et Piombino (Italie). Des solutions qui ne seront pas rentables selon les syndicats, qui s’inquiètent pour les salaires des ouvriers en mai et en juin.

Le sidérurgiste travaille également sur d’autres solutions parallèles afin d’alimenter Dudelange et espère également une éventuelle reprise de l’activité des sites liégeois qui pourrait être ordonnée par les trois liquidateurs.

Du côté du gouvernement, Franz Fayot (LSAP), ministre de l’Économie, et Georges Engel (LSAP), ministre du Travail, ont rassuré les syndicats lors d’une récente réunion en indiquant être prêts à déclencher les outils existant dans la législation luxembourgeoise pour soutenir les salariés dans le cas d’un scénario catastrophe, celui d’une faillite.

Concernant l’éventualité d’une solution avec un ou plusieurs repreneurs, le gouvernement n’a pas donné de détails, mais a confirmé être «prêt et en mesure de réagir en temps utile».