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Intempéries

Les inondations déclarées «catastrophe naturelle»



Au cours des dernières 48 heures, les énormes niveaux de précipitations – de 60 à 80L/m2, parfois jusqu’à 100 –, s’ils n’ont pas causé de blessés, ont eu des conséquences «dramatiques». «Des gens ont tout perdu», a déploré le Premier ministre, Xavier Bettel. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

Au cours des dernières 48 heures, les énormes niveaux de précipitations – de 60 à 80L/m2, parfois jusqu’à 100 –, s’ils n’ont pas causé de blessés, ont eu des conséquences «dramatiques». «Des gens ont tout perdu», a déploré le Premier ministre, Xavier Bettel. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

Le Luxembourg a connu en 48 heures un niveau de précipitations jamais atteint depuis 100 ans. Si aucun blessé n’est à déplorer, les conséquences sont dramatiques. Le gouvernement a classé ces événements comme catastrophe naturelle et a débloqué 50 millions d’euros d’aides pour les sinistrés.

«Les niveaux d’eau atteints au Luxembourg n’avaient pas été connus depuis 100 ans», a constaté jeudi soir le Premier ministre, Xavier Bettel (DP), lors d’une conférence de presse avec la ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding (LSAP). Celle-ci faisait suite à un conseil de gouvernement extraordinaire pour répondre à la «situation exceptionnelle» que connaît le pays.

De fait, au cours des dernières 48 heures, les énormes niveaux de précipitations – de 60 à 80L/m2, parfois jusqu’à 100 –, s’ils n’ont pas causé de blessés –  à la différence de la Belgique et de l’Allemagne  –, ont eu des conséquences «dramatiques» . «Des gens ont tout perdu», a déploré Xavier Bettel.

400 personnes relogées

Le 112 a reçu plus de 6.300 appels en quelques heures, ce qui a entraîné 1.200 interventions dans les communes. Quelque 400 personnes ont dû être relogées dans des installations prévues par les communes ou dans des hôtels ou auberges de jeunesse.

De quoi convaincre le conseil de gouvernement de considérer ces événements des 14 et 15 juillet comme catastrophe et calamité naturelles. «Une décision importante, avec des conséquences importantes», a déclaré le Premier ministre. Car cela a permis au gouvernement de débloquer une enveloppe financière de 50 millions d’euros d’aides directes – plus que les 30 millions débloqués en 2017, lors de la dernière catastrophe naturelle.

Aider le plus vite possible

En quoi consistent ces aides? Tout d’abord, à aider les personnes sinistrées, en prenant en charge leurs dépenses de première nécessité. Des informations sont accessibles sur le site du ministère de la Famille , par téléphone (247-86523) ou par e-mail ([email protected]).

Ensuite, à soutenir les entreprises sinistrées qui ont subi des dégâts matériels. Les informations sont disponibles auprès de la Direction générale des classes moyennes, par téléphone (247-74704) ou par e-mail ([email protected]). Avec la possibilité de bénéficier du chômage partiel – jusqu’à 80% du salaire.

Le ministère de l’Agriculture peut aussi accorder des aides aux exploitations agricoles concernées par les intempéries (renseignements au 803393-1 ou par e-mail à [email protected]).

Enfin, les communes peuvent quant à elle s’adresser au ministère de l’Intérieur (par e-mail à [email protected]).

Avec ces 50 millions d’euros, l’objectif affiché par le Premier ministre est «d’aider les gens le plus vite possible et de la manière la moins compliquée».

Stabilisation

Sur le terrain, la situation semble se stabiliser. Les masses de pluie ont eu deux conséquences, a expliqué le haut-commissaire à la protection nationale, Luc Feller: des inondations autour des rivières et des problèmes locaux quand les canalisations ou les sols ne pouvaient plus gérer de telles quantités.

À Born (sur ce cliché), comme à Echternach, la Sûre est sortie de son lit et a provoqué d’importants dégâts. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

À Born (sur ce cliché), comme à Echternach, la Sûre est sortie de son lit et a provoqué d’importants dégâts. (Photo: SIP / Jean-Christophe Verhaegen)

Désormais, si des pluies sont encore attendues durant la nuit de jeudi à vendredi et que la «prudence» et la «vigilance» restent de mise, le niveau des rivières devrait rester stable, voire baisser. Après une phase d’urgence – mise à l’abri, sauvetages et sécurisation des infrastructures stratégiques –, une nouvelle phase débute, compliquée elle aussi: le déblayage. Des supports pourraient d’ailleurs venir depuis la Sarre ou la Meurthe-et-Moselle.