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Polémique

Greenpeace dénonce le «greenwashing» du FDC



Neuf militants de Greenpeace ont investi le trottoir devant la Cnap, siège du FDC, afin de dénoncer les investissements du fonds souverain dans les énergies fossiles. (Photo: Sara Poza Alvarez / Greenpeace)

Neuf militants de Greenpeace ont investi le trottoir devant la Cnap, siège du FDC, afin de dénoncer les investissements du fonds souverain dans les énergies fossiles. (Photo: Sara Poza Alvarez / Greenpeace)

L’ONG a préparé une mise en scène devant la Caisse nationale d’assurance pension afin de dénoncer les «pratiques mensongères» du Fonds de compensation commun au régime général de pensions.

«Caution – Greenwash», indiquent deux panneaux de signalisation à taille humaine placés devant le siège de la Cnap dont dépend le FDC. Un militant fait mine de nettoyer une fausse flaque noire. Voilà le dernier coup d’éclat de Greenpeace Luxembourg dans son bras de fer avec le gouvernement luxembourgeois.

L’été dernier, l’ONG déposait une plainte administrative contre le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider (LSAP), pour ne pas avoir répondu à son courrier demandant des précisions sur les investissements du FDC dans les énergies fossiles. Le tribunal administratif a en partie donné raison à l’ONG , estimant que les informations requises au sujet des émissions de gaz à effet de serre et des risques financiers liés aux investissements du FDC dans les énergies fossiles sont des informations environnementales, conformément à la loi sur l’accès aux informations environnementales de 2005. Toutefois, il a retenu qu’aucune base juridique ne contraint le ministre à se conformer à l’accord de Paris ni à rechercher les informations climatiques demandées par Greenpeace.

Le FDC a livré la semaine dernière son rapport 2019 . «Le fonds souverain luxembourgeois prétend investir de manière durable et socialement responsable, tout en ayant injecté, rien qu’en 2019, plus d’un demi-milliard d’euros dans des entreprises nuisibles pour le climat, telles que Shell, BP, Total et Chevron», souligne l’ONG. «Greenpeace s’oppose à de telles pratiques mensongères et exige des mesures immédiates de la part du parlement ainsi que du gouvernement de Xavier Bettel afin de s’assurer du retrait des fonds publics accordés au FDC des entreprises climaticides.»

Ni la crise climatique ni la bulle carbone ne semblent intéresser les responsables du FDC et le ministre en charge, Romain Schneider, [qui] mettent en danger non seulement l’avenir de la planète, mais aussi les intérêts des futurs retraités.

Martina Holbach,  chargée de campagne climat et finance,  Greenpeace

Et ce alors que «1.237 institutions représentant plus de 14.000 milliards de dollars ont déjà désinvesti des énergies fossiles partout dans le monde», estime l’ONG. «13% de ces institutions sont des fonds de pension et ce chiffre ne fait que monter. Pas plus tard qu’en mars 2020, le fonds de pension suédois AP1 a annoncé qu’il cessait tout investissement dans les entreprises de combustibles fossiles pour des raisons financières. La sortie des énergies fossiles est une sage décision économique: au cours des cinq dernières années, les indices boursiers excluant les combustibles fossiles ont surpassé ceux qui les incluaient.»

Une tendance qui n’est pas suivie au Luxembourg, déplore Greenpeace. «De plus en plus de banques, de compagnies d’assurance et de fonds de pension et d’investissement endiguent leur soutien financier au gaz, au pétrole et au charbon», avance Martina Holbach, chargée de campagne climat et finance chez Greenpeace Luxembourg. «Mais ni la crise climatique ni la bulle carbone ne semblent intéresser les responsables du FDC et le ministre en charge, Romain Schneider. Ce faisant, ils mettent en danger non seulement l’avenir de la planète, mais aussi les intérêts des futurs retraités.»