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Énergie

La flambée des prix divise les pays européens



La France et l’Espagne plaident pour une révision du marché européen de l’énergie. L’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg préfèrent miser sur les mécanismes européens existants.  (Photo: Shutterstock)

La France et l’Espagne plaident pour une révision du marché européen de l’énergie. L’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg préfèrent miser sur les mécanismes européens existants.  (Photo: Shutterstock)

Alors que la France et l’Espagne demandent une refonte du marché de l’énergie, la Commission européenne va bientôt présenter un paquet de mesures visant à contrer les effets de la hausse des prix.  

La hausse des prix de l’énergie fait grincer des dents en Europe. La Commission européenne devrait proposer, le 13 octobre, une série de mesures temporaires pour contrer les effets de cette hausse. Des mesures qui seront discutées et adaptées lors du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE, les 21 et 22 octobre.

En attendant, la France et l’Espagne ont plaidé pour une réforme en profondeur du marché européen de l’énergie afin de contrer les effets de la flambée des prix. Plus précisément, la France souhaite une réforme importante du marché européen afin d’éviter de voir les prix varier fortement en fonction des cours des énergies fossiles. L’Espagne propose plutôt une solution d’achat groupé de gaz au niveau européen, comme c’est le cas pour les vaccins par exemple. La République tchèque, la Grèce et la Roumanie se sont rangées aux côtés du couple franco-espagnol.

Mais l’Allemagne et les Pays-Bas ne souhaitent pas une réforme du marché européen de l’énergie puisqu’ils considèrent la hausse des prix comme un phénomène temporaire.

De son côté, la Hongrie de Viktor Orbán a profité des tensions autour du sujet pour remettre de l’huile sur le feu en accusant la Commission européenne d’être à l’origine de la hausse des prix de l’énergie en raison de sa stratégie visant à réduire de 55% ses émissions de CO2 d’ici à 2030 .

Les énergies renouvelables comme solution

Le Luxembourg n’est clairement pas pour une réforme du marché européen. Pour le ministre de l’Énergie, Claude Turmes  (déi Gréng), la position de la France est «purement populiste en période préélectorale», en plus de vouloir promouvoir l’énergie nucléaire. Le ministre mise davantage sur des mécanismes et des outils européens pour répondre à cette flambée des prix de l’énergie.

Carole Dieschbourg  (déi Gréng) est également loin des positions française, espagnole et hongroise. Lors de la réunion du conseil environnement, la ministre a rappelé que «selon l’Agence internationale de l’énergie, la hausse actuelle des prix du gaz dans l’UE, et en conséquence aussi des prix de gros de l’électricité, était principalement due à des facteurs commerciaux, des facteurs météorologiques et des facteurs géopolitiques».

Pour la ministre de l’Environnement, «il faut agir sur trois niveaux pour aborder au mieux ce problème. À savoir, prévoir des mesures rapides pour amortir les impacts sur les citoyens ou ménages les plus vulnérables durant cet hiver, chercher nos réponses en lien avec les causes et donc améliorer la transparence des marchés du gaz et les règles de concurrence. Mais aussi maintenir le cap et la cadence pour nos politiques de transition climatique et énergétique, car les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique diminueraient la dépendance de l’UE à moyen et long terme face aux importations d’énergie de pays tiers», a souligné la ministre avant d’ajouter: «Les politiques ne sont pas la cause du problème, mais une partie de la solution.»

Enfin, la ministre a souligné que l’augmentation des prix de l’énergie était un sujet que le gouvernement luxembourgeois prenait très au sérieux. À ce sujet, Claude Turmes s’était dit en faveur d’actions ciblées pour aider les ménages les plus fragiles face à cette flambée.