POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Hausse du prix du gaz

Claude Turmes favorable à une aide ciblée pour les ménages



Au Luxembourg, le consommateur final devrait constater une hausse de la facture de gaz entre 32% et 25% selon la méthode de calcul.  (Photo: Shutterstock)

Au Luxembourg, le consommateur final devrait constater une hausse de la facture de gaz entre 32% et 25% selon la méthode de calcul. (Photo: Shutterstock)

Le ministre de l’Énergie, Claude Turmes (déi Gréng), assure garder à l’œil l’évolution des tarifs des produits énergétiques. Il n’exclut pas de proposer des mesures ciblées pour aider les ménages les plus fragiles confrontés à une facture plus lourde.

Sur les marchés européens, la demande en gaz est beaucoup plus forte que l’offre. Résultat, les prix flambent . Par rapport à janvier dernier, certains produits gaziers affichent une augmentation de plus de 300%.

Le consommateur final, notamment les ménages, devrait constater une hausse de la facture de gaz entre 32% et 25% selon la méthode de calcul.

Conscient de la situation, le ministre de l’Énergie  Claude Turmes  (déi Gréng) assure garder à l’œil l’évolution des prix. Et va également proposer au gouvernement des mesures ciblées, si cela s’avère nécessaire. «On observe les prix, et nous discutons avec les différents revendeurs de gaz et d’énergie au Luxembourg. Le but étant de savoir quels effets aura la hausse des prix sur les ménages. Je vais également en discuter avec le gouvernement, dans les jours à venir, afin de savoir s’il faut prendre des mesures en conséquence de la situation. Personnellement, je suis en faveur de mesures très ciblées pour les ménages en difficulté, du même type que lorsque nous avions introduit la taxe CO 2

La flambée des prix de l’énergie inquiète un peu partout en Europe. En France, le Premier ministre Jean Castex a décidé de mettre en place un «bouclier tarifaire» visant à plafonner la hausse du prix du gaz, et donc de l’électricité, à 4% contre 12%, prévue en février prochain. Il y a quelques jours, la France a également annoncé un coup de pouce à 5,8 millions de personnes pouvant bénéficier d’un chèque énergie de 100 euros.

En Belgique, l’idée commence également à faire son chemin. Pierre-Yves Dermagne (PS), vice-Premier ministre et ministre du Travail et de l’Économie, souhaite distribuer à chaque ménage du royaume un chèque énergie de 100 euros.

Un entretien avec Margrethe Vestager

Dans l’attente d’une décision gouvernementale, Claude Turmes, ancien eurodéputé, s’est d’ores et déjà tourné vers la Commission européenne. Le ministre a interpellé par courrier Margrethe Vestager, commissaire à la Concurrence, et Kadri Simson, commissaire à l’Énergie, afin de s’assurer de «l’intégrité du marché intérieur européen et de veiller à ce qu’aucune entreprise ne tire parti de sa position dominante pour exercer une influence sur les prix».

Claude Turmes souhaite avoir l’assurance que la situation sur le marché de l’énergie, et plus particulièrement du gaz, ne profitera pas à certaines entreprises, notamment le russe Gazprom. Le ministre déi Gréng, qui doit s’entretenir lundi avec Margrethe Vestager, va également réitérer son soutien au marché intérieur et aux mécanismes intraeuropéens de solidarité énergétique. «À court terme, et au-delà de mesures sociales d’urgence que les gouvernements pourraient être amenés à adopter pour soulager les consommateurs les plus vulnérables, un marché intérieur du gaz et un marché intérieur de l’électricité pleinement fonctionnels sont indispensables pour permettre à l’Union européenne de faire face à de telles situations», a expliqué Claude Turmes.

La position de la France est purement populiste en période préélectorale.
Claude Turmes

Claude Turmes,  ministre de l’Énergie

Un discours qui va à l’encontre de la position française, qui critique le fonctionnement du marché de l’énergie européen, estimant que le lien entre prix de l’électricité et prix du gaz est «une aberration». Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, avait réclamé, la semaine dernière, de «revoir de fond en comble le fonctionnement du marché unique de l’électricité». Jugeant ses règles «obsolètes», le ministre français a promis d’aborder le sujet lors d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro, le 4 octobre à Luxembourg. 

Pour Claude Turmes, la position de la France est «purement populiste en période préélectorale. De plus, la France et EDF font tout pour promouvoir l’énergie nucléaire qui est deux fois plus chère que les énergies renouvelables et deux fois plus longue à mettre en place», a pesté le ministre.

Comment se protéger de la flambée des prix?

Plusieurs moyens existent, mais ils ne sont pas toujours très faciles à mettre en place. Le premier est de faire jouer la concurrence entre les revendeurs. Au Luxembourg, l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR) rappelle régulièrement qu’il est possible de changer de fournisseur d’énergie gratuitement. L’ILR dispose d’un comparateur  de prix en ligne – Calculix – pour aider le consommateur à faire son choix.

La rénovation énergique des bâtiments est également un bon moyen de réduire sa facture énergétique. L’État a mis en place plusieurs aides et primes pour inciter les propriétaires à rénover le parc immobilier. Mais cela demande tout de même un investissement de départ et un changement des habitudes, avec une attention particulière à ne pas gaspiller l’énergie.

«La solution réside dans la mise en place de mesures ambitieuses d’efficacité énergétique afin de rendre les logements et les processus industriels moins énergivores, ainsi que dans le développement des énergies renouvelables. Plus on avancera vers la sortie des énergies fossiles, moins on sera exposé à la volatilité des prix de sources d’énergie fossiles», conclut le ministre Turmes.