POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Bilan budgétaire

Les finances publiques encaissent la crise sanitaire



Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, observe les premiers impacts des mesures de sauvetage prises par le gouvernement sur le budget. (Photo: Matic Zorman/archives Paperjam)

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, observe les premiers impacts des mesures de sauvetage prises par le gouvernement sur le budget. (Photo: Matic Zorman/archives Paperjam)

Les finances de l’État subissent, sans surprise, les effets de la crise sanitaire. Les chiffres de janvier à avril, présentés ce 25 mai par Pierre Gramegna (DP), montrent clairement une forte augmentation des dépenses à partir du mois d’avril.

L’impact de la crise sanitaire commence lentement à pouvoir être chiffré au niveau des finances publiques. Après quatre mois d’activité en 2020, les recettes de l’État s’élèvent à 5,2 milliards d’euros, ce qui équivaut à une dégradation de 284 millions d’euros par rapport à la même période en 2019. Il s’agit d’une moins-value de 10% par rapport à un tiers du montant annuel prévu au budget 2020.

Ces premières indications ont été fournies par le ministre des Finances, Pierre Gramegna , ce lundi 25 mai, dans le cadre de la réunion jointe de la Commission des finances et du budget et de la Commission du contrôle de l’exécution budgétaire.

Dans sa présentation, le ministre a insisté sur la dégradation subie au cours du mois d’avril, au cœur de la crise et après la mise en place de mesures rapides par le gouvernement pour tenter d’en contrer les effets sur l’économie du pays.

Coup dur en avril

Au niveau des chiffres de l’Administration centrale, les résultats des trois premiers mois de l’année ont déjà montré des signes de crise. Comparées à la même période en 2019, les recettes ont diminué de 0,8%, et les dépenses ont augmenté de 19,4%. Mais dans son communiqué, le ministère des Finances explique que l’augmentation des dépenses doit être relativisée. En 2019, l’évolution des dépenses avait été relativement faible, vu le recours au principe des «douzièmes provisoires» au cours du premier trimestre, le temps de former un nouveau gouvernement et de voter un budget .

C’est en avril, après la mise en place des mesures de soutien à l’activité économique et à la population, que l’effet Covid-19 commence à se faire sentir. Le bilan sur quatre mois montre alors une chute des recettes de 8,4% par rapport aux quatre premiers mois de 2019 et une hausse des dépenses de l’ordre de 28,5% en comparaison annuelle.

«Par rapport à un tiers des montants annuels prévus au budget voté pour l’année 2020, ceci correspond à une baisse des recettes de 12% et une augmentation des dépenses de 8%, ce qui entraîne une détérioration significative du solde budgétaire», explique le ministère des Finances dans son communiqué.

TVA et IRC en fort recul

L’Administration fiscale a observé un recul de l’impôt sur le revenu des collectivités (IRC) d’environ 23% sur quatre mois. Il s’explique notamment par les demandes d’annulation d’avances et de délais de paiement par de nombreuses sociétés.

Au niveau des impôts indirects, les rentrées de la TVA sont en baisse de 17%. Le ministère des Finances l’explique par «un effort de remboursements inégalé par l’Administration de l’enregistrement des domaines et de la TVA pour subvenir aux besoins de liquidités des entreprises». Les remboursements effectués sur les quatre premiers mois de 2020 se chiffrent à 734 millions d’euros, soit 160 millions d’euros de plus que sur la même période en 2019.

Les ventes d’essence plombées

Les recettes de l’Administration des douanes et accises ont été directement touchées par le confinement et la fermeture des frontières. Pour les quatre premiers mois de l’année, les ventes d’essence ont régressé de 19%, et celles de diesel de 22%.

Parmi l’ensemble des mesures décidées par le gouvernement, c’est le chômage partiel qui a eu l’impact le plus important sur les finances de l’État, avec un coût, au 30 avril, calculé à 566 millions.