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Le 31 décembre

Les feux d’artifice en voie de disparition au Luxembourg



Les feux d’artifice tirés par des particuliers vers les 12 coups de minuit sont une tradition en perte de vitesse cette année, entre évolution des règlements communaux et conscientisation du public. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne/Archives) 

Les feux d’artifice tirés par des particuliers vers les 12 coups de minuit sont une tradition en perte de vitesse cette année, entre évolution des règlements communaux et conscientisation du public. (Photo: Nader Ghavami/Maison Moderne/Archives) 

Nombreuses sont les communes à interdire les feux d’artifice cette année. Ce qui était jadis une tradition fortement ancrée au Luxembourg est désormais banni pour des raisons environnementales, d’ordre public, mais aussi de salubrité.

C’est un temps que les moins de 2 ans ne peuvent pas connaître: celui des stands de vente d’objets pyrotechniques installés les derniers jours de l’année dans certains centres commerciaux, supermarchés et enseignes de bricolage, où les clients dépensaient facilement quelques centaines d’euros en feux d’artifice.

Mais les temps ont changé: en 2020, de grandes enseignes de bricolage comme Hornbach et Bauhaus ont décidé de renoncer à la vente de ces objets pyrotechniques. Il faut dire que la réglementation qui l’entoure est très stricte: stockage sécurisé, comptoir dédié sans libre-service et contrôle de l’âge des acheteurs sont imposés par la loi. Certains commerces ont décidé de poursuivre la vente de ces articles, comme Auchan Luxembourg par exemple, qui précise en écouler dans ses magasins du Kirchberg, de la Cloche d’Or et de Differdange cette année.

Du côté des municipalités, nombreuses sont celles à interdire les feux d’artifice traditionnellement tirés par des particuliers vers les 12 coups de minuit. Sur les dix communes les plus peuplées du pays, sept ont formellement publié une interdiction, tandis que trois (Luxembourg-ville, Sanem et Käerjeng) demandent une autorisation du bourgmestre.

Le Covid-19, un accélérateur de tendance

La majorité des municipalités ont donc choisi d’interdire tout tir de pétards et autres engins pyrotechniques. Pourquoi? Esch-sur-Alzette évoque des raisons de sécurité, de bien-être animal, d’écologie et de salubrité de l’espace public. Dudelange cite le règlement communal relatif à la protection contre le bruit.

«Dans le temps, les feux d’artifice faisaient partie intégrante des fêtes. Mais il semble que cela ait changé dans l’opinion publique, et le Covid-19 a accéléré la tendance», constate Claude Bizjak, directeur adjoint de la CLC. Car qui dit feux d’artifice, dit a priori réunion de personnes. L’an dernier , les ménages luxembourgeois n’étaient autorisés à accueillir qu’un invité ou deux s’ils venaient du même ménage et, en plus, un couvre-feu était d’application de 23h à 6h.

À côté du déclin de la demande pour les objets pyrotechniques, «il y a la loi déchets qui va interdire tout feu d’artifice avec du plastique, donc, techniquement, ce phénomène est appelé à mourir», ajoute Claude Bizjak.

De 25 à 250 euros de sanction

Si certaines communes tolèrent encore les feux d’artifice, le phénomène semble néanmoins décliner au Luxembourg. La police grand-ducale précise qu’en cas de violation du règlement de police communal relatif à la possible interdiction de feux d’artifice, un procès-verbal peut être dressé. «Les peines de police prévues dans ce cas se situent entre 25 et 250 euros», indique Catherine Weber, directrice de la communication adjointe au sein de la police grand-ducale. Un tireur averti en vaut deux.