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Remaniement

Félix Braz remplacé, François Bausch vice-Premier ministre



L’état de santé de Félix Braz s’est amélioré. Mais il n’est pas imaginable de concevoir son retour rapide au sein du gouvernement. François Bausch reprendra sa fonction de vice-Premier ministre. (Photo: Anthony Dehez / Archives)

L’état de santé de Félix Braz s’est amélioré. Mais il n’est pas imaginable de concevoir son retour rapide au sein du gouvernement. François Bausch reprendra sa fonction de vice-Premier ministre. (Photo: Anthony Dehez / Archives)

Félix Braz ne reviendra pas au sein du gouvernement. Sam Tanson conservera le ministère de la Justice, mais va céder celui du Logement. François Bausch devient vice-Premier ministre.

Pour Déi Gréng, il n’était plus possible d’attendre. Si l’état de santé de Félix Braz , ministre de la Justice et vice-Premier ministre, s’est stabilisé, et même amélioré, après  un très grave accident cardiaque le 22 août, il ne pourra revenir au sein du gouvernement . Le comité exécutif du parti, réuni mardi soir, a donc décidé de son remplacement et d’un remaniement qui concernera les différents portefeuilles qui lui ont été attribués au sein de la coalition bâtie avec le DP et le LSAP.

François Bausch  demeure ministre de la Mobilité et des Travaux publics. «Des fonctions qu’il souhaitait évidemment conserver», confie  Christian Kmiotek , coprésident de Déi Gréng. Il reste aussi ministre de la Sécurité intérieure et de la Défense, mais sera épaulé par un nouveau ministre délégué. «C’est nécessaire, car être vice-Premier ministre signifie un important travail de coordination avec les membres de la coalition, le comité exécutif de Déi Gréng, le groupe parlementaire, le parti... Félix s’en chargeait en ayant le seul ministère de la Justice. François ne pouvait tout assumer», développe Christian Kmiotek.

Statu quo en ce qui concerne  Carole Dieschbourg  et  Claude Turmes . La première reste ministre du Climat, du Développement durable et de l’Environnement. Le second conserve ses attributions de l’Énergie et de l’Aménagement du territoire.

Sam Tanson  conserve la Culture, mais va reprendre la fonction de ministre de la Justice,  qu’elle assure déjà via un transfert de compétence temporaire . Elle va par contre céder le portefeuille du Logement.

Le futur nouveau ministre aura donc dans ses compétences l’important ministère du Logement, mais sera aussi ministre délégué à la Sécurité intérieure et à la Défense.

Un seul candidat proposé le 3 octobre

C’est un congrès extraordinaire du parti, le 3 octobre en soirée, qui avalisera ce scénario et, surtout, devra faire de même quant au candidat qui sera proposé par le comité exécutif. «Il n’y a pas, au sein de Déi Gréng, de système de délégation, chaque membre a une voix, et c’est la démocratie directe qui s’exprime», explique Christian Kmiotek.

Un seul candidat sera en lice. Qui? «Nous n’avons pas encore commencé notre réflexion», complète  Djuna Bernard , coprésidente du parti. «Différents facteurs sont à prendre en compte.» Et différents scénarios sont possibles, dont celui de se tourner vers la société civile pour trouver l’oiseau rare.

Cette décision de pourvoir au remplacement de Félix Braz a été humainement difficile à prendre. Mais était nécessaire sur le plan politique, alors que Déi Gréng traverse une période difficile. «Nous portons une responsabilité pour le pays et devons nous montrer responsables», explique Djuna Bernard. «Quatre ministres assumant le travail de cinq, ce n’était plus tenable. De nombreux dossiers sont là, importants. Pour les traiter au mieux, nous avons besoin de l’investissement de toute l’équipe gouvernementale.»

À l’accident de Félix Braz est venue s’ajouter la démission contrainte  de  Roberto Traversini , ex-bourgmestre de Differdange. «Oui, c’est difficile pour le moment», confirme Christian Kmiotek. «Et ce qui est survenu avec Roberto n’a fait de bien ni à Déi Gréng, ni à la politique dans son ensemble, d’ailleurs.»

La section locale de Differdange a d’ailleurs déjà trouvé son remplaçant à la tête de la commune, sans aucune intervention des instances du parti, dit-on. Mais Roberto Traversini reste député. Ce qui ferait grincer des dents dans les couloirs du parti? «Ah bon, moi je n’ai rien entendu», s’étonne Christian Kmiotek. «Une enquête est en cours, laissons faire la justice.» Aucune procédure interne n’a d’ailleurs été enclenchée envers Traversini, confirme le coprésident. L’ancien bourgmestre aurait en effet pu, analysent certains, mettre la majorité parlementaire, qui ne tient qu’à un seul député, dans une position instable s’il avait, courroucé, décidé de siéger à la Chambre comme indépendant, et non plus pour son parti. «On n’a même jamais imaginé cela», conclut Christian Kmiotek. «Roberto Traversini est d’une fidélité sans faille.» Mais il s’est aussi, de facto, «disqualifié pour un poste de ministre», auquel il aurait pu prétendre.