POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Pandémie

Les experts en faveur d’une vaccination obligatoire ciblée



L’avis détaillé par les experts servira à alimenter le débat de consultation sur une possible obligation vaccinale, qui aura lieu à la Chambre des députés le 19 janvier. (Photo: capture d’écran)

L’avis détaillé par les experts servira à alimenter le débat de consultation sur une possible obligation vaccinale, qui aura lieu à la Chambre des députés le 19 janvier. (Photo: capture d’écran)

Le groupe d’experts indépendants mandatés par le gouvernement a rendu son avis quant à la possibilité d’instaurer une vaccination obligatoire. Elle est, selon eux, nécessaire pour les plus de 50 ans et ceux qui travaillent au contact des plus fragiles.

Imposer la vaccination – et donc trois doses de vaccin, tel que recommandé – apparaît comme une nécessité pour le panel de cinq experts mandatés par le gouvernement pour rendre un avis à ce sujet , sur base des éléments médicaux et scientifiques connus. Mais celle-ci devra se faire de manière ciblée. 

Il faudra, selon eux, imposer la vaccination aux plus de 50 ans. Ils constituent en effet la catégorie de population – environ 70.000 résidents – la plus vulnérable face à une aggravation sévère de la maladie. Les catégories professionnelles en contact avec les personnes les plus vulnérables devraient aussi se voir imposer le vaccin. Sont visés, notamment, les médecins et personnels de santé dans les hôpitaux et cabinets de ville, les kinésithérapeutes, les soignants à domicile, mais aussi les aides-ménagères… Évidemment, des exceptions seront possibles en cas de contre-indications médicales, comme déjà prévu dans la loi.

Cette obligation vaccinale devrait être mise en œuvre «le plus rapidement possible» et devrait rester de mise jusqu’au 30 juin 2024, cette échéance pouvant être réduite selon les circonstances. Elle devra toujours être accompagnée d’efforts redoublés en faveur de la sensibilisation et de l’information.

Ces mesures semblent les plus pertinentes face à une éradication ou une élimination du virus qui semblent illusoires. Tandis que l’immunité est «difficile à atteindre en présence du variant Omicron, car une partie non négligeable de la population ne peut pas encore être vaccinée», notamment les enfants de moins de 5 ans. Et que «les particularités luxembourgeoises (une société très ouverte; la mobilité élevée de la population; un nombre très élevé de travailleurs transfrontaliers) rendent illusoire de pouvoir endiguer la circulation du virus au niveau de la société tout entière».

Pour éviter la surcharge du système de santé et faire de la pandémie «une infection respiratoire ‘normale’ dans la catégorie d’âge vulnérable», la vaccination obligatoire ciblée est privilégiée.

Alléger les mesures sanitaires

Enfin, les experts demandent dès que possible d’alléger les mesures sanitaires.

«Cet allégement sera possible grâce à une protection accrue de la population vulnérable à risque de développer une forme de Covid-19 sévère et une pression réduite sur les services hospitaliers», écrivent-ils dans leur avis.

Qui servira aussi de document de travail dans le cadre du débat de consultation sur «l’analyse de l’opportunité d’introduire une obligation vaccinale sectorielle ou universelle», qui aura lieu le 19 janvier.