POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Affaire du «plagiat»

Un élève médiocre, mais ni menteur ni tricheur



«Je n’ai pas vécu dans la crainte durant 22 ans», a expliqué le Premier ministre vendredi. (Photo: SIP/Jean-Christophe Verhaegen/Archives)

«Je n’ai pas vécu dans la crainte durant 22 ans», a expliqué le Premier ministre vendredi. (Photo: SIP/Jean-Christophe Verhaegen/Archives)

Vendredi, pour la première fois, le Premier ministre Xavier Bettel est revenu sur l’affaire dite du «plagiat» qui entache son DEA réalisé à l’Université de Lorraine il y a plus de 20 ans. Un travail dont il n’est pas fier, mais pour lequel il conteste avoir menti ou triché.

Il fallait s’y attendre et le Premier ministre Xavier Bettel (DP) s’y attendait: lors de la conférence de presse qu’il a donnée vendredi avec la ministre de la Santé,  Paulette Lenert (LSAP), il a été question de l’affaire du plagiat présumé de son DEA en droit public réalisé en 1999 à l’Université de Lorraine. Selon nos confrères de Reporter, 96% des pages présenteraient, selon leur analyse, des lacunes au niveau des citations des auteurs ou des référencements.

Si ce n’est via un bref communiqué, le Premier ministre n’était pas revenu sur cet événement qui a fait peu de vagues, mais assez de bruit pour que l’Université de Lorraine décide d’examiner ce que certains voient comme un mémoire de fin d’études. Les conclusions académiques sont attendues pour la fin de cette année, ou pour le début de la suivante au plus tard.

Xavier Bettel a tiré les siennes depuis longtemps. «Si c’est un travail médiocre? Oui. S’il y a des lacunes? Oui. S’il y avait moyen de mieux faire? Oui», dit-il en mode confession. Mais cela s’arrête là. Il conteste avoir triché. Son travail, qui n’était pas une recherche originale de type doctoral, a été supervisé par son professeur et soumis aux critères de l’époque. Il a aussi dû le défendre oralement. Ce que le professeur en question a expliqué lui-même, notamment à Paperjam. La note finale de l’élève et sa réussite académique étant le fruit de divers éléments.

Un travail «peu glorieux», mais qui a tout de même été sanctionné de la mention «satisfaisant».

«Je n’en suis pas fier. Mais je n’ai pas triché. Et je n’ai pas menti», conclut-il. Rappelant encore une fois que les critères de l’époque ne sont plus ceux du siècle dernier.

Quant à savoir si tout cela a eu un impact sur l’image du Luxembourg, Xavier Bettel avoue que ni ceux rencontrés à Glasgow ni la commissaire européenne Mariya Gabriel récemment n’ont cherché à l’éviter.  «Je pense qu’actuellement, je suis un Premier ministre qui fait correctement son travail», termine Xavier Bettel.