POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Travail de fin d’études rendu en 1999

Xavier Bettel conteste la volonté de plagiat



Reporter.lu affirme que 96% des pages du travail de fin d’études de Xavier Bettel, dans le cadre de son DEA à l’Université de Nancy, comportent des passages plagiés. (Photo: Romain Gamba/Archives Maison Moderne)

Reporter.lu affirme que 96% des pages du travail de fin d’études de Xavier Bettel, dans le cadre de son DEA à l’Université de Nancy, comportent des passages plagiés. (Photo: Romain Gamba/Archives Maison Moderne)

Alors qu’on lui reproche un plagiat dans le cadre de la réalisation, en 1999, d’un travail de fin d’études, Xavier Bettel assure avoir rédigé les pages «en toute âme et conscience». Même si, déclare-t-il: «Du point de vue d’aujourd’hui, je reconnais qu’on aurait pu – oui, peut-être qu’on aurait dû – le faire autrement».

L’affaire remonte au siècle dernier, mais fait cependant beaucoup de bruit en 2021. Selon un article de nos confrères de reporter.lu, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) aurait largement fait du plagiat lors de la réalisation d’un travail devant clôturer, en 1999, son diplôme d’études approfondies (DEA) en droit public et sciences politiques à l’Université de Nancy. Une formation dite de 3e cycle, qui fut un temps, en France, considérée comme une première année de thèse doctorale sans que ce ne soit cependant jamais vraiment le cas – raison pour laquelle le DEA a été réformé à plusieurs reprises, notamment en 1999 puis en 2002, avant de disparaître. Le DEA, tout comme cela était le cas en Belgique, était en réalité plus proche du DEC (diplôme d’études complémentaires) que de la thèse, qui est une recherche originale longue de plusieurs années.

Selon reporter.lu, 96% des 56 pages du travail de fin d’études n’indiquent pas les sources consultées, dont de larges passages sont reproduits à l’identique.  

Traitant des réformes possibles des modes de scrutin aux élections du Parlement européen, le document a été, toujours selon reporter.lu, longuement analysé par des chercheurs indépendants – par ailleurs non nommés – qui ont confirmé «une suspicion aiguë de plagiat».

Et si la forme pose problème, le fond semble aussi soulever des difficultés. «L’analyse contenue dans l’ouvrage n’est pas approfondie et n’a en principe rien de nouveau», commente le politologue Nicolas Sauger.

Je fais pleinement confiance à l’Université de Nancy pour évaluer si l’œuvre en question répond aux critères de l’époque.
Xavier Bettel

Xavier Bettel,  Premier ministre

Le professeur Etienne Criqui, qui supervisait le travail, n’écarte pas la possibilité d’un plagiat mais rappelle que les moyens de détection de l’époque étaient autres, les normes déontologiques aussi, et que le travail de Bettel a reçu une note honorable du milieu universitaire.

Xavier Bettel a lui-même tenu à clarifier les choses: «Il y a plus de 20 ans, j’ai rédigé mon mémoire dans le cadre d’un diplôme d’études approfondies (DEA), qui a été évalué et reconnu par l’Université de Nancy-II. D’après mes souvenirs, j’ai écrit ce travail en toute âme et conscience à cette époque-là. Du point de vue d’aujourd’hui, je reconnais qu’on aurait pu – oui, peut-être qu’on aurait dû – le faire autrement. Je fais pleinement confiance à l’Université de Nancy pour évaluer si l’œuvre en question répond aux critères de l’époque. Si tel n’est pas le cas, j’accepte naturellement une décision correspondante en ce sens.»