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«Le CSV reste le plus grand parti populaire»



Pour Christophe Hansen, le conflit autour de Frank Engel a endommagé l’image du CSV. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Pour Christophe Hansen, le conflit autour de Frank Engel a endommagé l’image du CSV. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Christophe Hansen, déjà député européen, est attendu en tant que secrétaire général au sein de la nouvelle équipe dirigeante du CSV.

Cette interview a été réalisée quelques jours avant le congrès du 24 avril, lors duquel a eu lieu le vote pour désigner la nouvelle équipe dirigeante du CSV.

Comment avez-vous vécu la polémique autour de Frank Engel?

Christophe Hansen . – «C’est un conflit qui a endommagé l’image du CSV et qui n’aurait pas dû avoir lieu.

Une dénonciation au Parquet par les députés n’aurait-elle pas dû être évitée?

«Ce n’était pas une dénonciation, mais une obligation du mandat de député. Cela dit, si une solution avait été trouvée en interne, cela n’aurait pas été nécessaire. Mais ce dialogue n’a pas eu lieu.

Pourquoi?

«La fraction parlementaire a mis le problème à l’ordre du jour de plusieurs réunions. Mais Frank Engel , qui est normalement présent, n’est pas venu. Or, pour trouver une solution, il faut la présence des deux parties.

Avez-vous été déçu par Frank Engel?

«Il a pris des décisions qui n’étaient pas les bonnes. Je n’aurais pas fait de la sorte. Mais je regrette cette situation. Je l’estime d’un point de vue intellectuel.

D’autres membres de l’exécutif du parti – le trésorier ou le secrétaire général – n’auraient-ils pas dû être plus vigilants?

«Bien sûr, le trésorier signe les dépenses… Mais il faut le protéger, car ces personnes ont été mises à bord par Frank Engel et elles ont été jetées à l’eau. Je les plains plus qu’autre chose…

Mais faut-il changer la manière de gérer les finances du parti?

«Avec les précédents présidents, les dépenses qui devaient être effectuées étaient mises à l’ordre du jour du comité national, qui prenait une décision. Des pratiques qui n’ont pas été suivies par Frank Engel.

Comment s’assurer qu’elles le soient à nouveau?

«Nous avons demandé un audit externe pour mettre les choses au clair et en règle. Et l’affaire est en justice désormais. Il est temps de tourner la page et d’aller de l’avant.

Claude Wiseler s’est présenté à la présidence du CSV, mais c’est toute une équipe qui était candidate pour constituer le nouvel exécutif du parti — une première. Pour quelle raison?

«En équipe, nous évitons un déchirement du parti lors du vote. Cela a malheureusement été le cas lors de la précédente élection début 2019 (qui a opposé Serge Wilmes à Frank Engel, ndlr). Il est alors très difficile de combler le fossé qui se creuse…

Quel est votre rôle en tant que secrétaire général?

«Un rôle d’organisation – des congrès et des élections à venir – et de coordination avec la base, les organisations locales, les conseils communaux. C’est une grande tâche de les inclure.

Quels sont les principaux défis à relever pour le CSV?

«Cela concerne la sortie de crise. Quels secteurs et quelles populations sont les plus touchés? Au niveau social, le risque est que les inégalités se creusent. Et s’il y a des dépenses massives pour éviter le pire, à quelle échéance veut-on remettre les finances de l’État à l’équilibre?

Que propose la nouvelle équipe pour répondre à ces enjeux?

«Nous avons cinq groupes de travail, plus de 200 personnes – des membres du parti, mais aussi de la société civile – qui travaillent sur ces questions. Nous misons sur une logique participative.

Le CSV baisse dans les sondages. Comment l’expliquez-vous?

«Le CSV reste le plus grand parti populaire, par le nombre de membres, mais aussi car il représente un quart des électeurs et un tiers des députés. Mais il est plus difficile de se renouveler quand on n’est pas au gouvernement: quand on a des ministres, de nouveaux députés sont désignés pour les remplacer.

Un rajeunissement du parti n’est-il pas nécessaire?

«C’est un grand défi que nous devons prendre très au sérieux. Beaucoup de responsables des CSJ (les jeunes du CSV, ndlr) occupent des postes dans les communes. Donc nous trouverons des personnes pour prendre la relève. Mais nous devons faire mieux.»

Cet article a été rédigé pour l’édition magazine de  Paperjam datée de mai  qui est parue le 29 avril 2021.

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