ENTREPRISES & STRATÉGIES — Services & Conseils

conséquences économiques

Le Covid-19 infecte aussi le tourisme d’affaires



Selon Carlo Cravat, le gérant de l’hôtel Cravat, la «psychose autour du coronavirus, ce n’est pas bon pour tout le monde. Nous payons les pots cassés.» (Photo: Google Maps/Capture d’écran)

Selon Carlo Cravat, le gérant de l’hôtel Cravat, la «psychose autour du coronavirus, ce n’est pas bon pour tout le monde. Nous payons les pots cassés.» (Photo: Google Maps/Capture d’écran)

De moins en moins de billets d’avion vendus et de chambres d’hôtel réservées. Avec en moyenne 40% d’annulations, certains établissements se retrouvent obligés de baisser leurs prix et de mettre leurs employés au chômage partiel.

Quarantaines et reports d’événements freinent les voyageurs dans leurs déplacements, même quand il s’agit de business. Conséquence: les hôtels se vident.

«Tous les jours, des entreprises nous téléphonent pour des annulations», témoigne Carlo Cravat , gérant de l’hôtel Cravat. Les réservations ont diminué de 20% depuis une semaine. «C’est 20% de chiffre d’affaires en moins», calcule-t-il.

L’hôtel enregistre un taux d’occupation de 60% au lieu de 90% normalement à cette période, principalement des personnes en voyage d’affaires. «Des salariés vont être envoyés au chômage technique», alerte-t-il. Trois à quatre contrats sur les 35 de l’établissement pourraient ne pas être reconduits, selon lui. Il a baissé le prix des chambres de 30%. «Nous essayons de trouver des clients juste pour couvrir les frais du mois», s’attriste-t-il.

«Nous nous dirigeons vers une crise. La psychose autour du coronavirus, ce n’est pas bon pour tout le monde. Nous payons les pots cassés», livre-t-il avec colère.

Prêts et chômage partiel pour sortir la tête de l’eau

L’hôtel Cravat est loin d’être la seule victime du coronavirus. L’ensemble des hôteliers du pays enregistrent 40% d’annulations ces derniers jours selon  François Koepp , secrétaire général de l’Horesca. «Cela risque de s’étaler sur le mois prochain», projette-t-il.

La fédération sectorielle invite ses membres à profiter des aides disponibles. Les entreprises en difficulté peuvent contracter un prêt auprès d’établissements de crédit agréés, pour lesquels la Mutualité de cautionnement ou la Mutualité des PME se portent garantes.

Le gouvernement les autorise aussi à recourir au chômage partiel sous certaines conditions. Le Fonds pour l’emploi prend alors en charge 80% du salaire normal (plafonné à 250% du salaire social minimum pour un salarié non qualifié, pendant 1.022 heures par personne et par année maximum).

Moins de billets classe affaires

Au-delà des hôtels, les congrès sont également touchés. «Nous avons beaucoup de reports de dates sur de gros événements et quelques annulations», relève  François Lafont , CEO du Luxembourg Convention Bureau, sans donner de chiffres précis.

Le tourisme d’affaires souffre dans un sens comme dans l’autre: les Luxembourgeois se déplacent moins. La compagnie aérienne Luxair constate des baisses de réservations, qu’elle ne chiffre pas. «L’airline, ce sont beaucoup de billets d’affaires hors période de vacances», signale-t-elle. En attendant la fin de la crise, les entreprises font tout pour ne pas voler en éclats.