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Pandémie

Un contexte très favorable pour le déconfinement



«Bien garder la situation sous contrôle dépendra plus du comportement des gens – respecter une distance de deux mètres, mettre les masques, respecter les mesures d’hygiène – que du nombre de personnes qui circulent», estime le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit. (Photo: Matic Zorman/archives Maison Moderne)

«Bien garder la situation sous contrôle dépendra plus du comportement des gens – respecter une distance de deux mètres, mettre les masques, respecter les mesures d’hygiène – que du nombre de personnes qui circulent», estime le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit. (Photo: Matic Zorman/archives Maison Moderne)

Régression du nombre d’infections et d’hospitalisations, résultats des tests d’échantillons rassurants: les annonces faites par le gouvernement lundi en vue de franchir une nouvelle étape dans le déconfinement prennent place dans un contexte très favorable, selon le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit.

«La situation est très satisfaisante», assure le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit , qui estime que les annonces faites hier soir par le gouvernement de déconfiner dès lundi prochain les secteurs du commerce et des soins à la personne se font dans un contexte favorable.

De fait, le nombre de nouvelles infections reste faible ces derniers jours, malgré la réouverture des chantiers depuis le 20 avril . Et le nombre de personnes hospitalisées, notamment les personnes en soins intensifs, continue de régresser. «La situation est bien sous contrôle», assure Jean-Claude Schmit.

En outre, les tests réalisés sur des échantillons représentatifs du secteur de la construction il y a deux semaines ont eu des résultats rassurants: sur 180 personnes testées, le taux d’infection s’est révélé être de seulement 2,2%: 4 personnes ont été testées positives, dont 3 frontaliers (un Allemand et deux Français). Des «échantillons» du secteur continuent d’être testés pour observer l’évolution du taux d’infection.

Des résultats de tests rassurants

Idem pour le dépistage des élèves de classe de terminale. 40% de ce contingent d’environ 7.000 personnes ont finalement été dépistés, pour révéler un nombre d’infections très faible: seulement 10 personnes ont été testées positives.

L’étude «CON-VINCE» a également rendu des premiers résultats très rassurants, indiquant un taux d’infection très faible dans la population générale, selon Jean-Claude Schmit.

Ce contexte favorable a donc largement contribué aux nouvelles décisions du gouvernement. «Je ne pense pas qu’il y ait de précipitation», assure le directeur de la Santé.

Je ne pense pas qu’il y ait de précipitation.
Jean-Claude Schmit

Jean-Claude Schmit,  directeur de la Santé

Concernant les secteurs qui pourront retourner au travail la semaine prochaine, des échantillons représentatifs seront aussi testés dès cette semaine. Une lettre avec une ordonnance médicale sera envoyée à l’adresse des personnes sélectionnées, que celles-ci soient résidentes ou frontalières – le seul critère étant qu’elles travaillent dans le secteur en question. Elles pourront alors aller se faire tester au Luxembourg dans le laboratoire de leur choix.

Une stratégie de dépistage qui peut d’ailleurs paraître limitée, au vu de l’annonce la semaine dernière par le gouvernement d’un projet de dépistage massif, par contingents de 50.000 à 100.000 personnes, à l’échelle de l’ensemble de la population.

«Pour l’instant, nous ne sommes pas en mesure de tester à large échelle. Nous construisons cette capacité et nous serons prêts pour la troisième semaine du mois de mai», explique Jean-Claude Schmit. «Mais l’idée de base restera dans tous les cas de tester par échantillon, pour dans un second temps décider éventuellement de tester à plus large échelle. Si le taux d’infection dans un échantillon est faible, alors dépister tout le monde dans le secteur ne sera pas la priorité.»

Adapter les décisions

Les résultats des tests sur les échantillons dans les secteurs du commerce ou des soins à la personne pourraient permettre d’adapter les annonces. «Si les résultats sont catastrophiques, par exemple pour le secteur du commerce, alors nous en informerons le gouvernement qui pourra moduler ses actions», explique Jean-Claude Schmit. Ensuite, le suivi attentif des paramètres (nombre de contaminations et d’hospitalisations) et de l’évolution des taux d’infection au sein des secteurs déconfinés permettra aussi au gouvernement d’adapter ses décisions: «Si nous observons une remontée des taux d’infection, les responsables politiques pourront soit adapter la vitesse du déconfinement, soit augmenter les contrôles, soit revenir sur leurs décisions», explique Jean-Claude Schmit.

Un suivi et une réactivité qui seront indispensables pour garder la situation sous contrôle et éviter une deuxième vague d’infections. Des modèles élaborés par des chercheurs de la taskforce Covid-19 estiment ainsi inévitable une remontée des taux d’infection en cas de déconfinement. «Les modèles faits varient et évoluent dans le temps en fonction des nouvelles données», relativise Jean-Claude Schmit. «Il est possible qu’il y ait une remontée des cas de contamination, mais ce n’est pas encore certain. Nous pouvons espérer. Bien garder la situation sous contrôle dépendra d’ailleurs plus du comportement des gens – respecter une distance de deux mètres, mettre les masques, respecter les mesures d’hygiène – que du nombre de personnes qui circulent.»