PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Résultats 2019

La BIL donne satisfaction à son actionnaire chinois



Marcel Leyers, à la tête de la BIL depuis tout juste un an, s’attend logiquement à un exercice compliqué en 2020. (Photo: Mike Zenari/archives Maison Moderne)

Marcel Leyers, à la tête de la BIL depuis tout juste un an, s’attend logiquement à un exercice compliqué en 2020. (Photo: Mike Zenari/archives Maison Moderne)

L’activité commerciale de la BIL a connu une croissance de 20% en 2019. 2020 sera évidemment un exercice plus compliqué, mais la banque reste confiante et veut se montrer solidaire avec l’ensemble des acteurs économiques luxembourgeois.

La Banque internationale à Luxembourg vient de publier ses résultats pour l’année 2019 et se montre satisfaite de son activité commerciale. Le résultat net d’exploitation avant impôts a en effet augmenté de 20% (136 millions d’euros) et la banque attribue ce résultat positif à des mesures de maîtrise de coûts et un coût du risque limité.

Le bénéfice net chute par contre de 14% (113 millions contre 131 millions en 2018). Mais, dans un communiqué, la BIL explique cette baisse par «d’importantes plus-values non récurrentes réalisées en 2018 à partir du portefeuille d’investissement de la banque et par la réévaluation du complexe immobilier Les Terres Rouges, cédé en 2019».

Les actifs sous gestion ont augmenté de 4 milliards d’euros (43,5 milliards au total fin 2019), une progression de 10,3%. La banque a enregistré de nouvelles entrées nettes pour 1,4 milliard d’euros dans toutes les branches d’activité et a bénéficié d’un effet de marché positif de 2,6 milliards attribuable aux conditions de marché favorables en 2019.

Un actif stratégique de Legend Holdings

Ces chiffres, que Paperjam avait déjà pu communiquer  dès le 30 mars dernier, semblent satisfaire l’actionnaire à 90% de la BIL, Legend Holdings. Lors de la publication des résultats du groupe chinois, son CEO, Li Peng, insistait sur le fait que la BIL «apporte un support important, ainsi que des profits conséquents pour le groupe».

Dans le portefeuille d’activités de Legend Holdings, l’institution financière luxembourgeoise est désormais considérée comme un actif stratégique, au même titre que le fabricant d’ordinateurs Lenovo.

En 2020, la BIL ne s’attend évidemment pas à un miracle. Son exercice sera compliqué, comme il l’est pour l’ensemble des acteurs économiques. «Nous savons déjà que 2020 sera une année difficile, mais nous continuerons à soutenir nos clients – particuliers ou entreprises – tout au long de cette crise afin de contribuer à la relance d’une croissance économique durable», insiste Marcel Leyers , président du comité exécutif du groupe, dans le même communiqué.

Comme les autres banques commerciales du pays , la BIL veut jouer un rôle par rapport à cette crise subite et a proposé des moratoires de remboursement de crédits à ses clients et participe à l’opération de prêts garantis initiée en collaboration avec l’État luxembourgeois. Actuellement, elle a déjà traité et accordé 2.700 demandes de moratoires.

Je suis convaincu que nous tirerons tous des leçons de cette crise et que nous en sortirons plus forts que jamais.

Marcel Leyers,  président du comité exécutif,  Bil

En raison de la détérioration des perspectives macroéconomiques, la banque s’attend, pour l’exercice 2020, à une baisse des revenus et à une augmentation des coûts de risque et d’exploitation. Mais elle se refuse actuellement à en estimer l’ampleur, qui «dépendra d’un large éventail de facteurs externes».

Elle se montre cependant rassurante: «La capitalisation et la liquidité de la BIL demeurent solides, avec des réserves importantes dépassant les exigences réglementaires.» Son ratio de solvabilité CET One s’établit fin 2019 à 12,47% contre 12,04% en 2018.

«Même si des moments difficiles nous attendent encore, je suis convaincu que nous tirerons tous des leçons de cette crise et que nous en sortirons plus forts que jamais», rassure Marcel Leyers.

Résultat net d’exploitation avant impôts: 136 millions d’euros (+20%)

Actifs sous gestion: 43,5 milliards d’euros (+10,3%)

Dépôts de la clientèle: 19 milliards d’euros (+10%)

Prêts à la clientèle: 14,7 milliards d’euros (+9,9%)

Résultat net après impôts: 113 millions d’euros (-14%)