PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Yves Maas, ABBL

«Les banques doivent faire partie de la solution»



Les banques sont en bonne santé et assurent leur part du travail, confirme Yves Maas, directeur général de l’ABBL. (Photo: Edouard Olszewski/archives)

Les banques sont en bonne santé et assurent leur part du travail, confirme Yves Maas, directeur général de l’ABBL. (Photo: Edouard Olszewski/archives)

Le directeur général de l’ABBL, Yves Maas, estime que les banques luxembourgeoises ont pris leurs responsabilités par rapport à la crise. Elles sont en bonne santé et doivent aider au maintien de l’économie du pays.

Le programme de stabilisation de l'économie mis en œuvre par le gouvernement prévoit des garanties de crédits pour les entreprises à hauteur de 2,5 milliards d’euros. Les grandes banques du pays ayant pignon sur rue – BCEE, BGL BNP Paribas, Raiffeisen, Bil, Banque de Luxembourg et ING – ont toutes décidé d’assumer leur part dans ce risque.

Les détails avec Yves Maas , directeur général ad interim de l’ABBL.

Les banques ont mouillé leur maillot dans le cadre du plan de stabilisation annoncé mercredi par le gouvernement. Quelle sera leur implication exacte?

Yves Maas. - «En collaboration avec le gouvernement, les banques ont décidé de supporter un certain niveau de risque pour soutenir les activités du programme de stabilisation qui a été annoncé mercredi 25 mars dans la soirée.

L’idée est que les banques prennent un risque maximum de 15% sur les crédits visés par le gouvernement en cas de défaut de leur client. C’est un grand apport vis-à-vis du gouvernement mais aussi par rapport aux sociétés qui sont dans des situations délicates. Depuis, nous sommes en train de voir comment mettre ce mécanisme en œuvre au niveau de chaque banque. L’important pour nous est de faire partie de la solution et pas du problème.

Après avoir été la cible de la précédente crise, les banques ont à cœur de prouver qu’on peut, cette fois, compter sur elles?

Les banques sont en bien meilleure santé que lors de la crise précédente. Mais cela ne veut pas dire que les ressources sont illimitées. Des problèmes à l’étranger pourraient, à un certain moment, avoir des répercussions au Luxembourg dans le monde bancaire également. Mais actuellement, la capitalisation des banques est bonne. Il faut donc trouver le moyen de les maintenir en bonne santé pour qu’elles puissent jouer leur rôle et assurer le risque.

Ce sont des risques calculés...

Oui, mais dans ce genre de situation, je ne suis pas certain que l’on puisse vraiment calculer. On ne sait pas combien de temps va durer cette crise ni quelle sera son envergure.

Quel est le risque financier qu’elles encourent?

La garantie totale proposée par l’État est de 2,5 milliards d’euros. Les banques prendront 15% de cette somme au maximum.

Les banques luxembourgeoises ont les reins solides pour aller encore plus loin s’il le fallait?

Il vaut mieux prendre les choses étape par étape. Ces premières mesures sont importantes, on peut espérer qu’elles seront suffisantes. Si ce n’était pas le cas, il faudrait se remettre autour de la table.

Depuis le début de la crise, comment se porte le secteur bancaire?

Les banques retail ont une activité pratiquement normale, elles sont toutes opérationnelles, mais on voit qu’une part importante des activités est passée en mode digital. La présence est devenue minimale dans les bureaux et cela semble fonctionner.

Le fait que toutes les opérations se font à distance et que les agences ne travaillent plus que sur rendez-vous va accélérer le processus de transformation des banques de détail?

Il est trop tôt pour faire des extrapolations sur le futur éventuel. Actuellement, nous fonctionnons en mode de crise. Les banques se sont déjà lancées sur d’importants projets digitaux avant cette crise. Heureusement d’ailleurs, dans le cas contraire, le problème aurait été beaucoup plus conséquent. Donc, oui, il est probable que l’on voie à nouveau une accélération dans le futur.