PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Conseil des gouverneurs

La BCE renforce la pression sur les banques



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Mario Draghi craint toujours les effets de la guerre commerciale au niveau mondial sur l’économie européenne. (Photo: Shutterstock)

La BCE pousse le taux de dépôt de liquidités des banques en territoire négatif et relance une action de rachat d’actifs de 20 milliards d’euros par mois. Elle tait aussi toute référence à une échéance pour un retour à une politique moins accommodante.

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a agi comme les marchés l’attendaient . Réuni ce matin à Francfort, au siège de l’institution, il a décidé de faire passer le taux de dépôt de -0,4% à -0,5%. En clair, cela veut dire que les banques de la zone euro, qui continueront à déposer leurs liquidités excédentaires auprès de la BCE, devront payer un taux supérieur d’un dixième de pour cent.

C’est la première fois depuis mars 2016 que la BCE touche à ses taux. Dans ses annonces répétées, elle se contentait jusque-là de repousser le moment à partir duquel les taux pourraient éventuellement... remonter. Dans la décision prise ce 12 septembre, il n’est même plus question d’une éventuelle échéance. Les taux resteront bas tant que cela restera nécessaire pour la croissance de l’économie européenne.

Confrontée à un taux d’inflation qui reste trop bas – par rapport à son objectif de 2% –, elle entend donc faire en sorte que les banquiers soient poussés à injecter des liquidités dans l’économie réelle (ménages et entreprises) plutôt que de les placer dans les coffres de Francfort.

Lors de sa traditionnelle conférence de presse, le président de la BCE, Mario Draghi, parle d’ailleurs d’«une nouvelle dégradation des perspectives d’inflation».

Ceci dit, elle a toutefois prévu un amortisseur en instaurant un système à deux niveaux: une certaine partie des prêts sera exemptée de ce taux négatif.

Les deux autres taux principaux restent, eux, inchangés. Le taux de refinancement (prêts à court terme d’une semaine) reste à 0% et le taux de prêt marginal (prêts à un jour) se maintient à 0,25%.

Quantitative easing, le retour

La deuxième grande décision de la réunion de ce matin est la relance du mécanisme de rachat d’actifs (quantitative easing). À partir du 1er novembre, la BCE rachètera pour 20 milliards d’euros d’obligations par mois. Et, dans ce cas-ci également, aucune période n’a été déterminée.

Il s’agit de la deuxième opération de ce type en quelques années. La précédente avait eu lieu de mars 2015 à décembre 2018 pour un total de 2.600 milliards d’euros.

Mais mois après mois, la BCE revoit ses perspectives de croissance pour la zone euro à la baisse. Pour cette année, elle envisage une croissance de 1,1% contre 1,2% annoncée en juin. Pour 2020, elle la voit à 1,2% contre 1,4% en juin.

Mario Draghi, qui présidait son avant-dernier conseil avant de passer la main à la Française Christine Lagarde, ne se montre pas optimiste pour l’économie européenne, qui souffre toujours des soubresauts du commerce international. Selon lui, la période de faiblesse devrait être «de plus longue durée».