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Un bar ou restaurant sur cinq ne survivra pas au Covid



Pour de nombreux établissements du secteur de l’horeca, le Covid-19 a été un nouveau coup dur, après l’interdiction de fumer dans les bars et restaurants et la hausse de la TVA. (Photo: Shutterstock)

Pour de nombreux établissements du secteur de l’horeca, le Covid-19 a été un nouveau coup dur, après l’interdiction de fumer dans les bars et restaurants et la hausse de la TVA. (Photo: Shutterstock)

La situation est extrêmement grave pour les bars, cafés et restaurants qui doivent faire face à une baisse de fréquentation drastique en raison du Covid-19. La fédération sectorielle, l’Horesca, avance des chiffres.

Les mesures pour éviter la propagation du Covid-19 ont été vécues comme de nouvelles épreuves par certains propriétaires d’un petit bar ou restaurant déjà sous pression, a déclaré mardi à Delano François Koepp , secrétaire général de l’Horesca. 

«Notre président avait l’habitude de dire qu’environ 20% des bars-restaurants fermeraient dans les neuf prochains mois. À mon avis, nous allons en perdre environ 8 ou 9%. C’est très grave», a-t-il déclaré.

Interdiction de fumer, hausse de la TVA…

Le Luxembourg a introduit des aides financières pour maintenir les PME à flot pendant et après le confinement. François Koepp souligne qu’en effet les aides non remboursables aidaient de nombreuses PME parmi les plus petites à survivre.

Toutefois, le changement relatif à la procédure concernant le chômage partiel constitue un défi majeur. Les montants relatifs au chômage partiel nécessaire en raison du confinement étaient versés dans les 15 jours suivant la présentation d’une demande. Mais la procédure a changé depuis juillet et les propriétaires d’entreprise doivent maintenant attendre jusqu’à quatre mois ou plus avant d’être remboursés.

«Le problème, c’est qu’il s’agit d’une procédure de remboursement très lente et très difficile. S’ils doivent avancer tous les salaires pour les quatre prochains mois, qu’ils n’ont pas assez de cash et qu’ils doivent attendre quatre mois pour recouvrer le premier mois, ce sera très difficile pour eux», explique encore M. Koepp à Delano.

Le coronavirus n’est pas la seule cause expliquant les fermetures prévues. La pandémie ne fait que s’ajouter à une liste de coups durs pour le secteur, comme l’interdiction de fumer dans les bars et restaurants survenue en 2014 et la hausse de la TVA sur l’alcool de 3 à 17% en 2015.

«À mon avis, beaucoup de ces entreprises ont toujours été en difficulté. Je pense que c’est maintenant qu’elles pourraient décider d’abandonner, qu’il ne serait pas logique de continuer parce que leur dette serait beaucoup trop élevée», fait valoir François Koepp.

La menace du télétravail

Mais le télétravail (pratiqué à grande échelle) semble être la plus grande menace pour les cafés et les restaurants situés en ville, moins fréquentés par les résidents et plus dépendants des employés de bureau.

La fédération Horesca estime la perte engendrée par jour pour le secteur du commerce en raison du télétravail à environ 500.000 euros: «C’est beaucoup d’argent. Vous devez changer complètement votre modèle pour que le client vienne vous voir. Nous disons à nos membres de tenir compte de cela, que la livraison ou le retrait pourrait être intéressant pour eux.»

Sur une note plus positive, le secteur recrute, même s’il y a moins d’emplois que les années précédentes. Entretemps, la tendance à rester dans le pays pour les vacances annonce une «bonne saison, également en raison du bon de 50 euros remis par le gouvernement aux résidents et aux travailleurs frontaliers ». 

Bien que les hôtels et les campings aient enregistré un certain nombre d’annulations au début de la saison en raison des craintes d’infection au Covid-19, les dépenses élevées des résidents pourraient aider à combler ce manque à gagner. Et si les touristes belges et allemands reviennent pour l’automne, «peut-être les établissements sortiront-ils de la crise sans trop de dégâts», espère encore François Koepp. 

Reste que les hôtels en ville, qui comptent jusqu’à 65% sur les voyages d’affaires, éprouvent le plus de difficultés. «L’industrie hôtelière est presque à zéro dans le centre. Le taux d’occupation des chambres est de 20 ou 25%», déplore encore M. Koepp.