ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

nouvelles aides

Allégée en coûts fixes, l’hôtellerie soulagée



L’hôtellerie aurait préféré des aides rétroactives, avec une immunisation de 25% similaire à celle des restaurateurs. (Photo: Shutterstock)

L’hôtellerie aurait préféré des aides rétroactives, avec une immunisation de 25% similaire à celle des restaurateurs. (Photo: Shutterstock)

Les hôteliers se réjouissent de la prise en charge à 100% des coûts non couverts, sous certaines conditions. Même si cela ne suffit pas toujours à rembourser tous les frais.

Le gouvernement a confirmé la bonne nouvelle pour les hôteliers: à partir de février, leurs coûts non couverts pourront être pris en charge à 100%, à condition que leur chiffre d’affaires ait diminué d’au moins 75% par rapport à 2019. Avec un plafond allant de 30.000 à 300.000 euros selon le nombre de salariés.

Une mesure «tout à fait logique» selon François Koepp , secrétaire général de la fédération Horesca. Qui se félicite du «grand succès» des échanges, tant au niveau national qu’européen. «Beaucoup de nos doléances ont été écoutées.» Il souligne l’importance de l’immunisation de 25% des recettes réalisées via la vente à emporter pour les restaurateurs. «Sans cela, je suis sûr que beaucoup auraient cessé le take-away.» Il aurait aimé une même mesure pour l’hôtellerie, même s’il admet que «peu d’entreprises réalisent encore 25% de chiffre d’affaires» dans ce domaine.

Le secrétaire général de l’Horesca aurait aussi préféré des aides rétroactives, ou valables jusqu’à la fin de l’année 2021. «Il fallait chercher un compromis. L’Horesca a bien défendu les intérêts du secteur», conclut-il.

L’avocat Frank Rollinger, qui conseille l’asbl Don’t forget us , estime quant à lui que le terme d’aide est erroné, et qu’il s’agit d’une «réparation du préjudice causé par l’État», jugée insuffisante, notamment en termes de plafond pour les plus petites entreprises.

La fin des conflits sur les loyers?

Parmi les coûts non couverts, il y a les loyers. Un sujet épineux. Lors de l’émission Kloertext du 4 février sur RTL, Marcel Goeres, à la tête du groupe hôtelier éponyme, avait accusé l’archevêché, propriétaire d’immeubles, de ne pas avoir aidé ses locataires pendant la crise sanitaire.

Interrogée à ce sujet la semaine dernière, l’institution catholique nous a répondu que «le locataire Groupe Goeres (pour deux de ses quatre établissements, ndlr) s’est vu accorder un report de paiement sur 50% de son loyer depuis avril 2020». Précisant: «Pour 100 euros mensuels dus à Maria Rheinsheim (l’une des sociétés en charge du patrimoine immobilier de l’archevêché, avec Lafayette, ndlr), il reçoit une subvention de 120 euros», si on compte la suspension de loyer de 50 euros et la précédente prise en charge étatique de 70% des coûts fixes pour les entreprises de plus de 50 salariés.

L’archevêché n’a pas pu nous donner d’informations sur ses autres locataires ni sur le nombre d’immeubles lui appartenant. Il a en tout cas clôturé son exercice 2019 avec une perte totale de 2 millions d’euros.

«Je ne veux pas rouspéter contre l’archevêché», était alors revenu Marcel Goeres, admettant ne pas être un habitué des émissions télévisées. «Je suis moi-même propriétaire, je comprends. Beaucoup d’entreprises ont besoin des loyers pour vivre.» Le problème pour lui étant surtout général: «Avec 70%, on n’arrive pas à s’en sortir.»

Des aides qui peuvent être améliorées

La prise en charge à 100% des coûts non couverts constitue donc une bouffée d’air frais. L’entreprise planifie une diminution de 80% de son chiffre d’affaires sur toute l’année 2021, par rapport à 2019. Avec un peu moins de 150 salariés, elle est concernée par le plafond le plus élevé, à 300.000 euros. Ce qui ne suffit pas à couvrir les charges mensuelles du groupe hôtelier, supérieures selon Marcel Goeres. Il porte malgré tout un regard «positif» sur les nouvelles aides, qui lui donnent un peu de prévisibilité pour les mois à venir.

«C’est formidable, nous sommes contents de la réactivité du gouvernement», commente de son côté Carlo Cravat , gérant du Grand Hôtel Cravat. L’établissement emploie 24 salariés et enregistre un taux d’occupation d’environ 10%. Ce qui lui donne droit à la prise en charge à 100% des coûts fixes, avec un plafond de 150.000 euros, jugé suffisant.

Carlo Cravat regrette cependant l’absence d’immunisation de 25% des recettes, comme pour le take-away. «Si jamais ça redémarre et qu’on va au-dessus de 25%, on n’y aura plus droit. Il est presque mieux de ne pas travailler, c’est contre-nature.»

Les deux hôteliers auraient également souhaité une certaine rétroactivité pour rembourser les frais des mois passés.