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LSA

L’Agence spatiale «s’émancipe» du ministère



Mario Grotz fait partie des cinq premiers administrateurs de la fondation, personnalité morale dont est dotée l’Agence spatiale luxembourgeoise depuis début septembre. (Photo: archives Maison Moderne)

Mario Grotz fait partie des cinq premiers administrateurs de la fondation, personnalité morale dont est dotée l’Agence spatiale luxembourgeoise depuis début septembre. (Photo: archives Maison Moderne)

Trois ans après son lancement par Étienne Schneider, l’Agence spatiale luxembourgeoise est devenue une fondation début septembre. Avec cinq administrateurs de quatre ministères.

Ne cherchez pas la mention «Fondation» sur le stand du Luxembourg à Dubaï qui réunit huit sociétés de l’espace et le Luxembourg Institute of Science and Technology (List), la Luxembourg Space Agency Foundation n’a pas encore eu le temps de se mettre au diapason de la loi de 1928 sur les fondations.

Car l’Agence spatiale luxembourgeoise, montée ad hoc au sein du ministère de l’Économie et présentée le 12 septembre 2018 par l’ex-ministre de l’Économie, Étienne Schneider (LSAP), a désormais une personnalité morale, qui lui confère plus d’autonomie opérationnelle même si elle reste logée au sein du ministère qui l’a vue naître.

Depuis ses vacances dans le sud de la France, fin juillet, le Grand-Duc Henri a signé l’acte de naissance – pardon l’arrêté grand-ducal – qui transforme la LSA en Luxembourg Space Agency Foundation.

La fondation – qui devra donc rajouter cette mention sur tous les documents et autres stands – est administrée par cinq premières personnes, désignées par le ministre pour quatre ans:

- Mario Grotz , premier conseiller de gouvernement au ministère de l’Économie;

- Michèle Bley, juriste qui a rejoint le ministère de l’Économie en juillet;

- Nicolas Jost, du ministère des Finances;

- Romain Martin, premier conseiller de gouvernement au ministère de la Recherche;

- et Guy Harles, fonctionnaire du service des médias et des communications, où il tient à l’œil les développements des réseaux terrestres et satellitaires (il est aussi commissaire du gouvernement chez SES depuis 2020 et pour trois ans).

Ces cinq administrateurs pourront, au besoin, en coopter trois autres.

À sa création cet été, la LSAF a été dotée de 2 millions d’euros et le projet de budget pour 2022 prévoit d’ajouter 5,2 autres millions. Ces efforts s’ajoutent au 312,13 millions d’euros sur la période 2021-2025, qui seront répartis sur trois types de programmes: les programmes obligatoires de l’Agence spatiale européenne, les programmes facultatifs de l’ESA et le programme national LuxImpulse. Le gouvernement a aussi retenu un investissement de 5 millions d’euros en cinq ans pour créer le centre de recherche européen (ESRIC), au sein du List.

L’agence dirigée par Marc Serres compte huit employés aujourd’hui et devrait atteindre une vingtaine d’employés d’ici 2022-2023, sans compter le recours à des consultants sur des projets spécifiques.