POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

La chasse aux talents (1/5)

Comment l’Adem s’adapte au marché de l’emploi



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15.668 demandeurs d’emploi étaient inscrits à l’Adem au 31 juillet. (Photo: Shutterstock)

Avec une économie au beau fixe, le Luxembourg fait face à plusieurs enjeux liés à la chasse aux talents et au manque de profils dans certains métiers. Paperjam se penche sur ces problématiques tout au long de la semaine. Avec l’approche de l’Adem pour commencer cette série.

Affichant un taux de chômage de 5,5% en juin 2019, le Luxembourg reste sur le podium des pays européens où le taux d’emploi est le plus élevé. Conséquence d’une économie florissante, plusieurs métiers sont très prisés et font face à un manque important de talents.

Comptable, informaticien ou banquier: ces professions font en effet partie de la liste des métiers en pénurie publiés par l’Adem, au départ des postes vacants déclarés par les employeurs.

En juillet dernier, l’Agence recensait par exemple 223 postes vacants en comptabilité, 125 en développement informatique, ou encore 89 dans l’analyse de crédit et les risques bancaires.

L’horeca fait également partie des secteurs les plus touchés, avec 88 postes vacants dans le service en restauration et 82 pour le personnel de cuisine.

Le top 10 des postes vacants

Voici le top 10 des postes vacants recensés par l’Adem pour juillet 2019:

Il ne s’agit pas ici d’une liste exhaustive, puisque l’Adem n’a pas accès à l’ensemble des offres d’emploi du pays. «Entre 50 et 60% des offres arrivent chez nous. Certains employeurs pensent, à tort, que cela ne sert à rien de déclarer les annonces à l’Adem. Alors que cela nous permet de déterminer les besoins en formation et faire ensuite les bonnes actions», commente Guy Pütz, chef du service Employeur. 

Pourtant, légalement, les entreprises sont tenues d’avertir systématiquement l’Adem de leurs postes vacants. S’il y a une amélioration ces dernières années, ce n’est toujours pas la panacée.

Une grande partie du chômage concerne des emplois non qualifiés.
Guy Pütz

Guy Pütz,  chef du service Employeur,  Adem

Alors que  15.668 personnes recherchent par ailleurs un emploi,  l’Adem se positionne à la fois en tant que partenaire de ces dernières, mais aussi des entreprises qui lui adressent leur demande.

«Une grande partie du chômage concerne des emplois non qualifiés. Un développeur IT ne peut donc pas y répondre, par exemple. Parfois, c’est la qualification qui coince, parfois c’est la formation. C’est aussi, souvent, une question de conditions de travail», explique Guy Pütz.

L’organisation de formation sur mesure est une des pistes explorées. «Nous proposons des formations de développeur Java ou gestionnaire de salaire, par exemple. Si un employeur a un besoin spécifique, il peut nous contacter pour prévoir une formation adaptée. Il rencontre les candidats avant le début du cursus et s’engage à l’embaucher une fois la formation terminée», détaille-t-il. 

Un job day pour Hamilius en septembre

Pour trouver la perle rare, l’Adem mise également sur les journées de recrutement spécifiques, comme celle à venir  pour le Royal-Hamilius .

«Le 18 septembre, nous organisons un job day à Hamilius. Nous cherchons beaucoup de profils dans le secteur de la vente et de l’horeca. Plus d’une centaine d’emplois seront accessibles. La journée se fera à l’hôtel Parc Alvisse», précise Guy Pütz. 

En mai dernier, pour  l’ouverture de la Cloche d’Or , la Journée pour l’emploi organisée par l’Adem avait rassemblé 2.500 candidats pour 150 postes proposés, signe d’une attractivité constante du marché de l’emploi luxembourgeois.

Retrouvez mardi la suite de cette série autour de cette question: comment faire venir des talents de loin?