PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Les chantiers de la place (3/5)

L’ABBL craint une surcharge réglementaire



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L’ABBL a déjà prévu d’adapter sa stratégie de lobbying à la nouvelle Commission européenne. (Photo: Edouard Olszewski / Archives)

Chaque rentrée est synonyme de chantiers à mettre en œuvre pour les acteurs du secteur financier. Pour poursuivre cette série sur les défis de la Place, Serge de Cillia, CEO de l’ABBL, aborde les conséquences de la formation d’une nouvelle Commission européenne pour le secteur bancaire.

Pour les banques, cette rentrée s’ouvre résolument sous le signe du lobbying. Les établissements financiers auront en effet beaucoup à faire pour canaliser les énergies de la nouvelle Commission européenne.

«Sa présidente, Ursula von der Leyen, a fait de nombreuses promesses pour défendre sa candidature. Il faut donc maintenant s’attendre à une nouvelle vague réglementaire dans tous les secteurs économiques, y compris dans le secteur bancaire», craint Serge de Cillia , CEO de l’ABBL (Association des banques et banquiers, Luxembourg), qui a déjà prévu d’adapter sa stratégie de lobbying à la nouvelle Commission.

Et en particulier à son prochain commissaire en charge des Services financiers , Valdis Dombrovskis. Une mission qui incombe à Antoine Kremer, responsable des Affaires européennes pour l’Alfi et l’ABBL, qui pilote leur bureau de représentation commun à Bruxelles.

Douche froide

Les banques européennes se préparent d’abord à la transposition en droit de l’accord de Bâle 3, entériné en 2017 par les différentes banques centrales internationales, et qui entrera en vigueur d’ici 2027.

Et la douche froide a cueilli les banques cet été, quand l’Autorité bancaire européenne (EBA) a communiqué, le 2 juillet, une estimation de 135,1 milliards d’euros de surcoût  en capital, pour que les exigences en fonds propres soient respectées par les banques (soit 24,4% de plus qu’actuellement).

Alors que l’EBA avait annoncé un surcoût de 39 milliards d’euros en mars.

«Il faut s’attendre à une surcharge colossale en capital. Or, on ne peut pas demander aux banques de financer les entreprises tout en augmentant les exigences en fonds propres. La transposition de Bâle 3 engendrera par ailleurs des coûts importants pour les banques, qui vont devoir remettre à plat leurs modèles d’évaluation des risques», déplore Serge de Cillia.

Hausse des coûts

Bâle 3 n’est pas le seul sujet d’inquiétude des banques, qui se préparent également à la visite du Gafi (groupe d’action financière) en 2020, et enchaînent les réunions et les questionnaires pour pouvoir montrer patte blanche en matière de lutte anti-blanchiment l’an prochain.

Toutes ces exigences de mise en conformité donnent lieu à une hausse des frais généraux des banques, qui doivent investir dans les ressources humaines et techniques pour y faire face.

Une gageure dans un environnement de taux d’intérêt bas: «Les mois à venir risquent d’être pénibles dans le contexte de faibles taux d’intérêt. Si les coûts explosent et que les possibilités de revenus diminuent, il va y avoir un problème», observe Serge de Cillia.